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L' Europe (sans la France) : choix de lectures de géographie accompagnées de résumés, d'analyses, de notices historiques, de notes explicatives et bibliographiques / L. Lanier
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LECTURES ET ANALYSES DE GÉOGRAPHIE.

servir à tons les usages qu’exigent les travaux des champs.On rencontre ça et là quelques bois de chênes, et les fermes ont,comme les villages, leurs jardins fruitiers.

» Nous avons dépassé Kcebanya, où se trouvent des établesqui, réunies, peuvent contenir cent mille porcs. Ils sont là, venusde toutes parts, de tous les coins de la Hongrie , des provinces da-nubiennes, pour être engraissés. Le mouvement de ces porcsest d’environ sept cent mille par an, qu’on expédie sur Dresde .Prague, Berlin, Breslau, Vienne, Magdebourg . Des paysans àcheval, montés à poil nu, traversent les routes au galop, vêtusde leurs manteaux (szürs), qui flottent soulevés par le vent. Lesszürs sont blancs, brodés en tresse de laine de diverses couleurs.D’autres paysans sont à pied, avec leurs bottes hautes; leursjupes et leurs larges manches blanches se détachent sur la terrebrune des routes. Dans les villages, les clochers des églises ca-tholiques sont surmontés d’une croix, les temples protestantsont le coq gaulois, importé par la doctrine de Calvin . De quel-que côté qu’on regarde, on n’aperçoit pas une pierre. Quand ungamin revient de l’école, s’il en trouve une, disent les plaisants,il la ramasse et la rapporte à la maison.

... » Nous sommes à Mezôhegyes, et nous quittons le cheminde fer pour quelques jours. Nous allons pénétrer dans les terres,vivre de la vie de la Puszta , aller sans rencontrer autre choseque la nappe infinie des blés verts sous le ciel. Mezôhegyes estun haras de l’Etat, grand comme une ville, puisque ses habi-tants sont au nombre de 4 000. On y élève toutes les races debestiaux, mais le cheval y tient la première place, véritablearistocratie dans ce grand peuple d’animaux, avec ses élégances,sa généalogie. Les pur sang y sont magnifiques, fiers de leursadmirables formes si diverses, de leurs belles robes, de leursjambes fines, et de leur grand nom. La variété des chevaux detrait, de selle, des chevaux de guerre, de labour, est infinie. Lavisite aux pouliches et aux poulains dans les écuries m’amusa.Ils sont libres, sans attaches d’aucune sorte, et ils entourentcurieusement le visiteur. Si on leur ouvre les cours, ils s’y pré-cipitent, non comme des poulains échappés, puisque l’image estprise, mais comme des écoliers en récréation. Chaque écuriepossède un àne, le bouffon de la troupe, triste quand il nebrait pas, comique quand il donne de la voix. On compte àMezôhegyes environ 2 000 chevaux et l’on y exploite 20 000 hec-tares. La vie y est celle d’une caserne ou d’un fort. Un colonel