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L' Europe (sans la France) : choix de lectures de géographie accompagnées de résumés, d'analyses, de notices historiques, de notes explicatives et bibliographiques / L. Lanier
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AUTRICHE-HONGRIE .

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gouverne et commande. Les lits sont des lits de camp ; les portessont des fermetures de prison. En revanche, l’hospitalité estsouriante, large, vraiment hongroise 1 .

... » Ils sont superbes, les grands porcs, laineux et gris, qu’onrencontre par troupeaux à MezOliegyes. Ceux qu’on voit autourdes fermes, sur la terre noire, sont tout noirs ; ils semblent nésdu sol et ont, pour l’étranger, un je ne sais quoi de diabolique,d’inquiétant... La races des vaches est extraordinaire. Elle merappelle les taureaux des steppes russes et les buffles des plainesde Pæstum . Elles sont grises, avec des cornes recourbées, etleurs queues touchent le sol. Les taureaux ont le collet noir avecdes airs de conspirateurs. La peau des vaches est d’un gris rosé,et leurs oreilles sont si roses qu’on les croirait transparentes. Joliebête, qui se dessine bien sur la terre noire ou dans la verduredes prés. Avec cette race améliorée on fait les bœufs gris, sibeaux au labour, et qui donnent un grand caractère au paysage.

» Mais qu’est-ce donc que j’entends? C’est un bruit d’élément,ou la mer, ou le vent, ou l’orage, car ce bruit souffle, gronde ettonne. Un spectacle inoubliable s’oflre à mes yeux. Plusieurscentaines de chevaux sortent des écuries et courent en liberté.Pas plus qu’on n’arrête l’ouragan, il semble que rien ne pourraretenir cette puissance déchaînée. La troupe se lance au galopdans la plaine. Jusqu’où ira-t-élle? Si l’avalanche revenait surnous, quelle force lui résisterait? Les chevaux se dressent, sau-tent, se traversent, se livrent à toute leur folie ; cependant ilsrestent massés. Les czikos, gardiens à cheval, galopent sur leursflancs.

» Jamais ils no montent sur des chevaux de la couleur du

1. « La bonne grâce, In gaieté, la cordialité régnent, à la façon française,» dans les familles hongroises. La femme, comme ménagère, y a une grande» importance, le nombre des domestiques étant considérable dans chaque maison.» La cuisine hongroise est beaucoup plus compliquée que la cuisine française.» Elle exige de longues préparations. Les pâtes et les gâteaux sont faits par la>» cuisinière,, qui n'a pas trop de la matinée pour les apprêts du dîner. Le pain» est pétri à la maison. Où, en France , une domestique suffît, il en faut trois ou» quatre. Jamais les cuisinières, fussent-elles de quatrième ordre, ne consentent*» à faire les chambres ou à aller chercher l’eau. La fierté nationale aidant, les» rapports entre maitres et serviteurs sont fort courtois. On dinc en général à« midi et demi. A la collation du soir, se servent du café au lait, des gâteaux,» des confitures, point de vin. Dans les grandes maisons, souvent on n’oirre do» vin qu’après ou à la ûn des repas. Toujours le café noir est accompagné d’un» verre d’eau, et l’on ne boit de liqueur qu’avec le thé. En Hongrie , on adore» le marc; il est vrai qu’on y aime aussi le vinaigre; ainsi dans la salade,» ils sont môles. Les gâteaux et les plats sucrés sont fort goûtés durant tout» le repas, mais les melons se mangent au dessert. » (M n * Adam.)