620 LECTURES ET ANALYSES DE GÉOGRAPHIE.
troupeau qu’ils gardent ; sauf la différence de l’étoffe, leur cos-tume a la forme de celui des paysans hongrois, ils sont vêtus dejupes bleues, qui descendent jusqu’à mi-jambe, et chaussés debottes. Ils ont un gilet rouge, les larges manches blanches, làtoque rouge. Cavaliers uniques auxquels, seuls, les gauchos despampas peuvent ce comparer. Lorsqu’ils tracent des cercles au-tour de leur tète avec leurs fouets aux manches courts, et auxlongues tresses do cordes terminées par des plombs, un bruitstrident éclate et déchire l’air. Si un cheval s’échappe, fait unacte quelconque d’indiscipline, deux czikos se détachent, etquelle que soit la vitesse du coupable, il est à l’instant pour-suivi, cerné, garotté, dompté. Il fait beau voir le geste élégantet haut du bras droit avec lequel un czikos déploie son fouetpour le lancer sur le cheval qu’il veut saisir au milieu desautres ou ramener vers le troupeau. C'est encore le fouet quisert de signal pour masser les chevaux, pour les répandre, pourles mettre au pas, les lancer au trot, au galop, les faire tournerici, arrêter là. Quelques coups sonores, et ces fous comprennent,obéissent.
»... Pour un peuple quia de bons et beaux chevaux, les routesont moins d’importance; le sol mou, sans pierres, voilà le pre-mier point. En Hongrie , les routes sont prises à même deschamps, rien 11e les désigne, qu’un fossé de chaque côté, des-tiné à les assainir. Ces chemins ont parfois cinquante mètres delarge. Chaque fois qu’une voie est trop creusée, on la quitte etl’on en prend une autre à côté. La réparation de la mauvaise estbien simple, on gratte autour des ornières, on les remplit deterre et l’on attend que les racines du chiendent aient, pourainsi dire, reprisé le sol troué.
... » Voici enfin un village, Oroshaza . Les maisons s’écartentun peu de la route et sont protégées de la boue par des palis-sades de bois peintes en gris clair avec des pointes roses. Partoutje vois aux maisons de doubles fenêtres, dont le double châssisse remplace en été par des persiennes. En hiver, l’intervalleforme une serre remplie de jacinthes, de géraniums en fleurs.La tablette de ces fenêtres, où s’accoudent les femmes, est tou-jours garnie de coussins élégants. On ne peut voir des habita-tions plus gaies, plus pimpantes, plus fraîches, plus blanchesou plus dorées, selon quelles sont blanchies à la chaux ou badi-geonnées à l’ocre. Une plinthe gros bleu forme les soubasse-ments. En Hongrie d’ailleurs, règne une minutieuse propreté.