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Chez les paysans, les bâtiments d’exploitation, les cours sonttenues avec grand soin. Nulle part d’eau croupissante ou depurin ; chez les bourgeois, des galeries intérieures, donnant surde petits jardins, permettent de se promener à couvert pendantla pluie... Longeant les maisons, est une chaussée de briquessurélevée au-dessus de la route, trottoir nécessaire dans un paysoù la boue se liquéfie, n’étant jamais mêlée à la pierre.
» On ne peut s’imaginer la dignité de la démarche des pay-sans; le peuple hongrois est distingué, il a grand air.- Ce qu’onappelle la vulgarité, le commun, n’existe pas en Hongrie . Lafierté chez l’homme, la grâce, la vivacité chez la jeune femme,la noblesse chez les vieillards, tel est le caractère de la racemagyare . Dédaigneux des servilités du commerce, n’admettantque les travaux de l’agriculture, les paysans ont une grandeaisance de manières. Fût-ce à la table de la cour, rien ne lesétonne. Ils se disent lorsqu’on les invite, qu’apparemment ony trouve plaisir. Les paysannes ont parfois des façons de grandesdames costumées. Tous a.iment la littérature, l’histoire, et peu-vent en parler.
» Voyager à pied, porter un paquet, si léger qu’il soit, estcontraire aux principes d’un Hongrois. Les femmes ont unorgueil plus grand encore que leurs maris. Si les bourgeoiset les petits propriétaires se contentent du simple titre de mon-sieur, un grand nombre de bourgeois exigent celui de VotreGrandeur, et se blessent si on oublie de le leur donner. La femmedu peuple est appelée madame; celle d’un rang plus élevé, ho-norable dame. Point de misère mendiante parmi les Hongrois ;s’ils sont malheureux, ils entrent dans une maison, où rarementon leur refuse. Cela arrive-t-il par hasard? Ils se plaignent dece refus à la maison suivante et reçoivent le double. Lorsqu’unHongrois sent qu’il ne peut arriver à se tirer d’affaire, il émigreen Amérique ou ailleurs plutôt que de se livrer à des travauxqu’il trouve dégradants. Il se suicide aisément pour des reversde fortune... » (M mo Adam 1 , Juliette Lamber , La Patrie hongroise,ch. iv; Paris , in-8°, 1884).
1. M mo Edmond Adam (Juliette Lamber), née à Verberie en 1836, a publié ungrand nombre d’ouvrages de littérature, d’histoire et d’économie politique ou so-ciale. Nous citerons: Récits d’une paysanne, 1862 in-18; Voyage autour d’ungrand pin , 1863, in-18; Dans les Alpes , 1867, in-18 ; Récits du golfe Juan, 1873,in-18 ; le Siège de Paris, 1873, in-18 ; Grecque , 1878, in-18. C’est sous l’inspirationet la direction de M“° Adam qu’a été fondée, le 15 août 1879, la Nouvelle Revue tpublication bimensuelle.