682 LECTURES ET ANALYSES DE GÉOGRAPHIE.
armes sur la rive européenne de l'Hellespont . Le moment était favorable;l’empire serbe d’Etienne Douehan était démembré, l’empire grec de Cons-tantinople affaibli par ses discordes et sans appui. Appelés par l’empereurJean Cantacuzène, beau-père du sultan Orklian, contre la veuve d'Andronic le Jeune qui lui disputait le trône, les Ottomans pénètrent pour la pre-mière fois en 1346 sur le continent européen , et ils n’en sortent plus.En 1351, ils prennent Gallipoli; en 1361, sons Amukat I 01 ou Mourad(1360-1389), Andrinople et Philippopoli; en 1310, ils sont maitres deNisch et de la Macédoine; en 1389, ils subjuguent la Serbie par la victoirede Kossovo où périt le sultan. — Deux ans plus tard, Bajazet I er , (13S9-1402) occupe la Bulgarie, la Moldavie, la Valachie . Une croisade de Hon-grois, de Serbes, de Valaques, secondée par des chevaliers allemands, ba-varois et français , fut écrasée à Nicopohs (1390). Le vainqueur alla sou-mettre la Bosnie , l’Herzégovine, la Thessalie, l’Attique. Il ne restait plus àprendre que Constantinople . L'invasion des Jfongols de Tamerlan et la dé-faite du sultan à Ancyre arrêtèrent un instant la marche envahissante desTurcs. — Amorath II (1421-1451), assiégea une troisième fois sans succès lacapitale de l’empire grec; mais la croisade de 1441, suprême effort de lachrétienté contre l’islamisme oriental, fut anéantie à Varna; la Serbie , l’IIer-zégovine, la Valachie devinrent la proie des Ottomans . — Neuf ans après, le29 mai 1453, Mahomet II (1451-1481), entrait dans Constantinople; l'em-pire byzantin cessa d’exister, et le croissant remplaça la croix sur la basiliquede Sainte-Sophie . Mahomet II dut ses succès militaires au nombre de sessoldats et à la faiblesse de ses ennemis ; mais le gouvernement intérieurde ce prince étrange qui alliait à tous les vices d’un barbare corrompu, etaux violences d’un tyran sanguinaire des goûts délicats et les talents d’unadministrateur consommé, se distingue par ses fondations artistiques et scien-tifiques, par sa législation politique et religieuse qui fit d’un peuple encoredemi-nomade un corps de nation. Le conquérant, malgré les brillantsexploits de Jean Hunyade, le diable des Turcs, étendit sa domination surle duché d’Athènes (1456), la Morée (1457), l’Albanie , dont la capitale,Croïa, ne fut prise qu’en 1478. Après les Grecs, les Turcs s’attaquèrent auxGénois et aux Vénitiens. Les premiers perdirent en 1475 Caffa et la Crimée .
— Bajazet II (1481-1512), le Soft, aimait peu la guerre, il lança les janis-saires en Carinthie, en Carniole, dans le Frioul, la Styrie, la Transylvanie eten Egypte surtout pour occuper leur turbulence avide. — Seum I°r"lc Féroce(1512-1520), tourna ses armes du côté de la Perse et des sultans mamelucks.
— Le règnede Soliman I er , le Magnifique (1520-1566) marque l’apogée de lapuissance ottomane. La conquête franchit le Danube. En 1521, Belgrade ,en 1522, Rhodes furent conquises; la défaite de Mohacz (1526), livra laHongrie an sultan (Voy. p. 554). Vienne fut assiégée, mais Soliman ne putla prendre. Le sultan intervint alors dans la politique de l’Europe occidentale,et signa avec François les premières capitulations i qui assuraient à laFrance de précieux privilèges dans le Levant. En 1541, Bude et la Hongrie orientale furent occupées; la Moldavie, la Bessarabie, la Valachie payèrenttribut; les galères turques mouillaient à Alger, à Tunis, à Tripoli . A cettegloire militaire Soliman ajouta l’honneur d’une administration habile: ilorganisa le corps des oulémas, le système des fiefs, améliora les finances,la justice, les lois civiles et pénales, l’armée ; mais ces réformes elles-mêmes,développant le luxe, la mollesse et le despotisme, altérèrent les institutions