» celle qui suppose un outillage perfectionné, de nombreux capitaux, mais» de l'industrie manufacturière, dans le sens primitif du mot, de celle qui» produit les objets de première nécessité à l’aide des procédés les plus» simples. Le principal siège de cette industrie, en Bulgarie , est la région» qui s’étend a droite et à gauche de Gabrova, le long de la chaîne du» Balkan . Le voyageur qui parcourt ces belles vallées paisibles, où l’élément» bulgare est plus dense et moins mélangé que partout ailleurs, s’étonne» de rencontrer presque à chaque pas des villages, des bourgs, des petites» villes habités par une population manufacturière, active, laborieuse, aisée.» Chaque localité a son industrie particulière qui s’y est transmise de» génération en génération; ici les boucles et les couteaux; là, les bijoux» en métal et en filigrane d'argent; ailleurs les passementeries et les étoffes,» plus loin, les tapis, dont l’usage est général dans le Levant; les pote->. ries, etc., tous ces objets obtenus par des procédés qui sont restés les» mêmes depuis des siècles. Kanitz raconte que, visitant un jour à Vracza» la boutique d'un des plus fameux filigranisles de cette ville, il pouvait» à peine en croire ses yeux en voyant les outils rudimentaires avec les-» quels l’ouvrier ou plutôt l’artiste transformait le'fil d’argent en arabes-» ques, en étoiles, en oiseaux de toute espèce, en fleurs qui semblaient,» pour ainsi dire, éclore sous sa main.
» Gabrova, situé au centre de ces petites colonies manufacturières, au» pied du Balkan , sur la Jantra, est une jolie petite ville, à l’aspect ita-» lien, avec des rues propres et bien alignées, aes maisons bien bâties, des» églises que surmontent d’élégants clochers, de nombreuses écoles. Ellen compte S 000 habitants, presque tous Bulgares , couteliers, fabricants de» yatagans, rubanniers, passementiers, tisserands. La céramique, la scnlp-» ture en bois, l’archite dure bulgares, ne sont pas moins remarquables.» Les poteries les plus communes, les vases avec lesquels les jeunes filles» puisent l’eau aux rivières ou aux fontaines, ont une pureté et une élégance» de formes qui rappelle tour à tour l’antiquité classique et la renaissance» italienne. Tous les objets servant à la décoration des églises, les figures» de saints enluminées, les portes et les grilles en chêne ou en noyer scnlp-» tés, les dyptiques, les croix, les rosaires, les églises elles-mêmes avec» leurs coupoles dont la toiture argentée resplendit au soleil, sont l’œuvre» de Bulgares sans étude, à peine capables de tenir la plume ou de guider» le crayon. »
« ... Ancienne capitale des rois bulgares sous la dynastie des Assanides,Tirnovo était le siège d’un patriarcat bulgare indépendant qui subsistajusqu’au commencement du siècle dernier. Par son passé, parles nombreuxsouvenirs religieux et historiques qu’elle éveille, par sa position centrale,la ville de Tirnovo semblait désignée d’avance pour être la capitale dutroisième royaume bulgare. Des considérations politiques et stratégiques luiont fait préférer Solia (Sardica des Romains, Triaditza des Bulgares,ancienne résidence du vali turc, située plus à l’ouest, à peu de distance dela frontière serbe, au centre d’une large vallée que traverse la grande routede Vienne à Constantinople par Belgrade et Andrinople . » (Voy. Ubicini, Re-vue de géographie , août 1879 et 1880.)
III. — GÉOGnAnilE ÉCONOMIQUE
Productions. — Minéraux . La plupart des mines ne sont pas exploi-tées. Fer de Samakow et Dubnitza (Bulgarie ); or, argent de Kustcndil(Bulgarie ); plomb de Gallipoli et de la Thessalie. — Végétaux. Grâce aux