Buch 
L' Europe (sans la France) : choix de lectures de géographie accompagnées de résumés, d'analyses, de notices historiques, de notes explicatives et bibliographiques / L. Lanier
Entstehung
Seite
694
JPEG-Download
 

C94 LECTURES ET ANALYSES DE GÉOGRAPHIE.

rapines, aux exactions du régime turc, l'agriculture, malgré l'exubérantefécondité du sol, est dans un état déplorable : pas de communication, pasde sécurité; beaucoup de territoires en friche : Mais dont la bouillie formela nourriture du paysan ; froment, sésame, pavot, tabac, colon, garance,anis, cumin, safran, vallonée pour les tanneries; les vallées de la Ma-cédoine et de l’Epire et les iles fournissent du vin, des raisins secs, de l 'huiled’olive, des fruits abondants, des mûriers pour l’élève des vers à soie(Volo en Thessalie, Andrinople, Salonique , lie de Crète, Larissa). Il existeencore de belles forêts dans toutes les provinces, donnant des bois de mâture,des poutres, des planches, mais elles sont gaspillées par une administrationavide et besoigneuse. Dans la Roumélie orientale, les hautes vallées duRalkan fournissent d'abondantes récoltes de roses, et en particulier la régionde Kezanlik et Maglich.

Les roses de Kezanlik. — « Traversant des cultures de roses et de» magnifiques bois de noyers, nous atteignîmes la ville de Kezanlik, si» connue des parfumeurs des capitales européennes. Nous étions accompa-» gnés de nombreuses caravanes. De petits ânes gris portaient, accrochées» des deux côtés du bât, de grandes corbeilles dont le contenu emplissait» l’atmosphère d’une senteur délicieuse. Les beautés villageoises, à la rhe-» mise d’un blanc de neige, au double tablier de couleur éclatante, faisaient» gaiement cortège à la procession originale, je dirai presque triomphale,» où chacun, bêtes et gens, était paré de roses ; les bâtons même étaient» ornés des charmantes fleurs. L'nuile et l'eau de roses que produisent les» Indes, la Perse et l'Egypte suffisent à peine aux besoins de l'Orient.» Les quantités considérables de cette précieuse liqueur employées par les» parfumeurs européens et surtout par les Anglais , proviennent presque» exclusivement des pittoresques campagnes.de la Tlirace situées au pied» du Ralkan central. Des 1211 villages delà Thrace qui s'adonnent à la cul-» ture des roses, 42 appartiennent à la vallée de Kezanlik, qui récolte pour» sa part plus de la moitié des 1630 kilogrammes d’essence produits annuel-» lement en moyenne par le Gulislan européen. Quant à l'espace énorme» exigé par cette culture, on se le représentera si l’on songe qu'il ne faut» pas moins de 3200 kilogr. de roses pour donner un kilogramme d’huile.

» La rose de Thrace aux fleurs simples, d'une légère teinte rougeâtre,» réussit particulièrement sur les pentes exposées au soleil. On la plante» au printemps et en automne ; la moisson se fait en mai et au commence-» ment de juin. Les paysans distillent généralement eux-mèmes leur huile» dans un appareil fort primitif ; il en est cependant qui vendent leur» récolte de fleurs aux grandes distilleries de la ville; les cultivateurs reçoi-» vent, suivant la qualité, de 12 à 24 centimes par kilogramme de fleurs. »(F. Kanitz, la Bulejarie Danubienne et le llalkan, ch. xii, in-8“, ill; Paris ,1882, Hachette .)

Animaux. — Buffles, bœufs, moutons d’Albanie et de Roumélie qui émi-grent au printemps dans les pâturages de la Macédoine et de la Thessalie;chèvres au poil soyeux, chevaux estimés.

Industrie : elle est active et variée surtout dans les provinces asiatiquesde l’empire; les tapis, maroquins, armes, objets d’orfèvrerie et de joailleries’exportent; la fabrication des draps, cotonnades, tissus de soie, etc.,sert àla consommation Incale. L’art mécanique est dans l’enfance.

Commerce (1881). — Importation (Turquie ), 1784730 jiiastres;— Bulgarie (1884), 46 330 000 francs. — Exportation (Turquie ),930 000 000 piastres; — (Bulgarie), 48860000 francs. — Marine mar-chande (1879), 220 voiliers, 11 vapeurs avec 181 500 t. — Mouvement des