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» familles passèrent d’Espagne en Roumélie au quinzième siècle; l’indiffé-» rence dédaigneuse du musulman étant un bienfait pour elles après les» proscriptions des Etats catholiques. Salonique leur doit ce caractère sor-» dide et actif, propre aux groupes israéliles en Orient. » (Eug. Melchiorde Vogué ). Cette ville est aujourd'hui le grand marché des céréales et destabacs pour toute la Roumélie ; quand le chemin de fer de la vallée duVardar rejoindra le Danube, elle deviendra l’entrepôt naturel des Balkans ,de la Hongrie, des Principautés, de la Pologne, de la Russie occidentale ;les paquebots qui mettent trois jours de Port-Saïd à Rrindisi, quatre jus-qu’à Trieste, cinq jusqu’à Marseille , franchissent en cinquante heures la dis-tance entre l'Egypte et Salonique. Mais Rrindisi et Marseille n’ont pas àredouter de longtemps encore cette concurrence de l’avenir. « Un chemin de» fer est nominalement ouvert de Salonique à Uskub ; il y a trois départs» chaque semaine, un par quarante-huit heures, et rien ne prouve que les» trains n’arrivent pas habituellement jusqu’à Uskub . Au delà commencent« les régions presque mythiques de l’Albanie ; ces montagnes sises au cœur» de l'Europe et dont, par un beau temps, l’on aperçoit les cimes d’Otrante » et de Rrindisi/sont moins parcourues et moins bien connues de nous que» certaines peuplades du Niger ... Le yatagan et le fusil sont les seules lois» de la montagne guègue où tout homme marche armé. »
M. de Vogué, voulant visiter l’Olympe et la Thessalie, se fit donner, surle conseil de notre consul, des lettres de recommandation pour le chef desbrigands Loliri, qui travaillait alors dans la région de l’Olympe , traversale golfe thermaïque sur une peyramare et aborda au port "d’Ekaterini, aupied de l’Olympe 1 .
« Nous traversons des vallées aux noms illustres, Pydna,Pétra, les défilés d’où les Macédoniens et après eux les Romainsde Paul-Emile s’élancèrent sur la Grèce agonisante. Cette terre,se jugeant apparemment de trop fière race pour le travail, neproduit que des souvenirs historiques ; de champs et de cultures,il n’y a pour ainsi dire pas de traces sur notre parcours. La routen’en est pas moins gracieuse, tantôt plongeant dans les flots dugolfe sur notre gauche, rejoignant la plage aux petites échellesoù se balancent les barques de pèche, tantôt remontant à droitesur les pentes orientales de l’Olympe que nous contournons. Vued’ici, la montagne des dieux est superbe, partagée en deux parun coup d’épée à la Roland, bien ravinée, boisée de chênes et desapins de Larisse. Elle se dresse à 4 000 mètres sur nos têtes,et avant quatre heures son ombre noire assombrit le chemin.
» Nous trouvons au point culminant de la route le gros vil-
1. Celte lecture pourrait être placée en partie dans le chapitre de la Grèce ;car la Thessalie a été presque en entier cédée à la Grèce à la suite du congrèsde Berlin . Nous avons inséré ces extraits à cette place, parce que l’Olympe estrestée une montagne turque, que la nouvelle frontière s'arrête au Salamvrias(Pônée) inférieur, et surtout parce que la physionomie du pays et de ses habitantsest restée la mémo que sous la domination turque.
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