la dîme prélevée (13 p. 100). La dîme! là est le grand fléau,nonpas tant dans l’institution elle-même que dans la façon dont onl’applique. En ce moment, fin d’août, les blés sont moissonnéset engerbés ; il ne reste qu’à les battre, semble-t-il. Ce n’est passi simple. Nul ne peut battre une gerbe avant que la dîme nosoit prélevée; mais, pour qu’elle soit prélevée, il faut qu’elle soitadjugée, — pour qu’elle soit adjugée, que l’administration aitfait son choix entre les offres des concurrents. Or, à cette heure,la ferme des dîmes n’est pas encore adjugée pour l’année cou-rante ! Les gerbes attendront l’adjudication, et, tandis qu’ellesattendent, les orages en détruiront peut-être la meilleure part.Ce détail dit tout. Si l’on ajoute à cette misère chronique lesmisères accidentelles, les.corvées qui enlèvent au cultivateur unepartie de son temps, on comprendra qu’il y ait des années où,comme on me l’affirme, il ne gagne même pas sa semence. Enoutre les grains de la Thessalie, qui semblent avoir dans le portde Volo le plus proche et le meilleur des débouchés, n’y arriventque durant quelques mois de l’année, grâce au détestable état descommunications. Pendant la mauvaise saison et à chaque débor-dement du Salamvrias, c’est à dos de mulet qu’il faut transporterles récoltes. » (Melchior de Vogué, la Thessalie; Revue desDeux Mondes , 1 er janvier 1879.)
Les monastères <le l’Allios. — Lie météore.
Suivant une tradition grecque, Jésus-Christ aurait débarqué sur le litto-ral de la Chalcidique , et visité le promontoire célèbre que terminent ausud les falaises à pic du mont Athos . De là le prestige dont celte montagnejouit auprès des sectateurs de l’hotius. La Montagne Sainte (Ilagion oros)est devenue le but d'un pèlerinage aussi fréquenté que les lieux saints deJudée et de Galilée , dès les règnes des premiers empereurs chrétiens.« Aussi n’est-ce nas un médiocre sujet de surprise pour les voyageurs oc-» cidentaux que ae voir fleurir en ces lieux des coutumes dont ils pouvaient« croire la tradition abandonnée depuis le temps d’Amrou et de Chosroës .» Ce qu’ils observent à l'Athos, ces usages, ces manières de vivre, c’est» Gaza, c’est Sceté , c’est Tabenne; ces vieillards amaigris par l’âge et les» privations, ce sont les Pères du désert. »
« Parcourez d’une extrémité à l’autre et dans toutes lesdirections cette pointe de terre longue d’environ 30 kilomètres,large de 6 ou 8, vous ne découvrez pas une localité, si perduesoit-elle au milieu des rochers, si enfouie au fond des ravins, sihaut perchée aux sommets des pics, qui n’ait quelque chose