caroubiers, platanes d'Orient se mêlent et forment à chaque pasde nouvelles combinaisons de paysage. 'Ici de sombres cyprèss’élancent d’un massif d’oliviers grisâtres; là des chênes vertsmarient leur verdure à celle de figuiers gigantesques et de vigou-reux érables. Des milliers de plantes grimpantes et de lianes enfleur s’enlacent aux branches et s’enroulent en replis tortueuxautour des troncs robustes. Des clématites, des chèvrefeuilles, desvignes folles se suspendent aux buissons et rampent jusqu’auhaut des branches, d’où elles retombent vers le sol en gracieusesguirlandes. Puis, au loin, par delà les hautes futaies, tantôt àdemi masqué par l’inextricable réseau des branches, tantôt sedécouvrant sur un espace illimité, le clair azur de la mer quitermine invariablement toutes ces perspectives. »
Le village d'Erisso ou Hiérisso est situé au fond du golfe de Stellaria,sur l’isthme étroit qui unit le promontoire de l’Athos à la péninsule chal-cidiqne. Au sortir d’Erisso, on franchit une colline et l’on descend dans lapetite plaine de Pravlika, où les moines possèdent des domaines et desfermes. La langue de terre de Pravlika, large au plus de 2 kilom., est lapartie la plus étroite de l’isthme. C’est là que Xersès fit autrefois percerun canal pour faire passer ses navires et éviter le promontoire d’Acté, fatalà la flotte de Darius, et encore aujourd’hui redoute des marins pendant lesmois d’hiver. On a retrouvé de nos jours des excavations, des terrasse-ments et fondations qui indiquent la direction du canal de Xerxès , et justi-fient les assertions des historiens grecs.
Le premier monastère qu’on aperçoit au sortir des forêts est celui de Khi-landari ou Khilandar , qui dresse sa masse imposante et irrégulière sur unsol inégal. « Sur cette muraille se dessinent, à une certaine hauteur, des» assises de pierre, rouges et grises, accompagnées d'imbrications qui en» égayent un peu la surface nue et sévère. Puis à une distance considérable» de terre, plusieurs rangées de galeries, soutenues par des solives peintes» en rouge et couronnées par des toitures, se projettent en avant et suivent» presque sans discontinuité les inflexions et les angles du mur. Tout cela» déroute un peu... C’est sur ces galeries que s’ouvrent les cellules des» caloyers (moines); ils apparaissent d’ici et de là, allant et venant avec la» rapidité de gens affairés, ou bien se promenant gravement et s’accoudant» aux balustrades pour contempler les derniers reflets du soleil. »
« AudelàdeKbilandari, lesmonastèress’échelonnentde distanceen distance sur le bord de la mer, dans de ravissantes positions.On en compte quatre avant la bourgade de Karyès : Sphigmène,Vatopædi, Pantocrator et Stravronikita. Chacun d’eux possèdeses églises, ses bibliothèques, ses trésors d’art, et il semble,lorsqu’on passe de l’un à l’autre, qu’on parcourt les différentessalles d’un immense musée.
» ... Sur une éminence voisine de Vatopædi s’étendent de