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L' Europe (sans la France) : choix de lectures de géographie accompagnées de résumés, d'analyses, de notices historiques, de notes explicatives et bibliographiques / L. Lanier
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724 LECTURES ET ANALYSES DE GÉOGRAPHIE.

voir avec des fidèles si peu commodes ! On rencontre souvent,le long des routes, des arbres garnis de pierres à l’intersectiondes branches ; ce sont des ex-voto que les voyageurs suspendentainsi, dans l’espoir que les génies des forêts, touchés de cetteoffrande, délivreront leurs membres de la lassitude. L’hommequi croit avoir été frappé du mauvais œil a soin de toucher dufer, ou mieux, de tirer un coup de pistolet, pour éviter de s’éga-rer sur la route et de trébucher au bord des abîmes. Il est re-connu que les esprits malins n’aiment pas le bruit, et les voisinsd’une jeune mère viennent faire grand tapage, pendant septnuits, autour de sa demeure, pour l’empêcher de dormir ainsique son enfant, dans la crainte des charmes funestes que lesdémons pourraient jeter sur leur sommeil. Les Skipétars ontgrande confiance en des amulettes qu’ils ne quittent jamais, quise transmettent de père en fils, et ont la vertu de préserver desblessures, leur unique souci. La crise qui termine leur existenceest la seule maladie de ces hommes, tant leur genre de vie lesrend robustes, insensibles à toutes les vicissitudes des saisonscomme aux intempéries des climats. Les simples malades sonttransportés à l’église du village où le prêtre récite sur eux desprières; si leur état est trop grave pour permettre ce transport,on se contente de leurs habits. Les malades furieux, possédés,sont frappés de verges jusqu’à ce qu’ils aient confessé tous lesnoms du diable qui sont entrés en eux ; ces noms sont ensuiteécrits, avec force anathèmes, sur des morceaux de papier quel’on livre aux flammes. » (J. Cahlus, les Albanais. — Revue degéographie, 1 er semestre 1881.)

Li'Adniiiiistration turque.

« Le palais ou séraï du pacha d’Andrinople s’élève au milieude la ville. C’est une maison moderne où les corps de bâtiments,disposés en carré autour d’une cour, présentent de longues sur-faces blanches, crépies à neuf et sans style aucun. Tous les ser-vices de la province s’y trouvent centralisés; le palais renfermemême la prison, que tout gouverneur turc veut toujours avoirsous la main. Le fond de l’édifice est réservé aux femmes, lapartie qui donne sur la rue aux diverses administrations. Au rez-de-chaussée sont les bureaux du sandjakou arrondissement d’An-drinople ; au premier ceux de la province entière. On entre dansun vestibule encombré de soldats, de domestiques qui font la