Buch 
L' Europe (sans la France) : choix de lectures de géographie accompagnées de résumés, d'analyses, de notices historiques, de notes explicatives et bibliographiques / L. Lanier
Entstehung
Seite
743
JPEG-Download
 

RUSSIE . 743

Moscou. — Au dedans, Ivan le Terrible , marié d’abord à Anastasie Ro-manof, fit régner la terreur parmi les nobles et étouffa toutes les oppo-sitions dans le sang. Ce tyran encouragea la littérature et l'art : de ce tempsdate la construction de temples et de palais innombrables, et en particu-lier du Kremlin. « C’est alors que Moscou devint digne, par ses nou-velles splendeurs monumentales, d’être la capitale d'un grand empire ; c'estalors qu'elle fut la ville sainte aux « quarante fois quarante églises, »aux innombrables coupoles d’or, d’argent et d'azur, que le pèlerin russesalue de loin, agenouillé sur la Colline des prosternations. » —Sur letrône d'Ivan le Terrible , son successeur, Fkouor Ivaxovitch (1584-1593)fut un moine et un saint. La douma (assemblée) des boïars ressaisit lepouvoir, et le vrai tsar fut Bonis Godounof, beau-frère de Féodor, ambi-tieux et cruel, qui s'appuya sur le clergé et la petite noblesse, institua lepatriarcat russe et interdit aux paysans de passer d’une terre sur une autre.Four être élu tsar, il lit égorger Dmitri, frère de Feodor. Mais sa tyrannieet ses réformes violentes armèrent contre lui toutes les classes; plusieursfaux Dmitri furent acclamés par le peuple, et pendant cette période detroubles, les Suédois intervinrent dans l'empire, et les Polonais, maitresdu Kremlin , firent reconnaître comme tsar, Yladislas, le lils de leur roi.A l'appel d'un boucher de N'ijni-N’ovgorod, Kouzma Minime, un soulè-vement national éclata ; le prince Poparski prit le commandement de celtecroisade, à la tète de laquelle marchaient les évêques et les moines.Les Polonais furent chassés du Kremlin ; une assemblée nationale réunieà Moscou , écartant toutes les candidatures étrangères, proclama, presque àl’iinanimité, le fils du patriarche Philarète, Michel Rosaxof, tsar de Russie .Le nom des Romanof, alliés à la maison d’Ivan IV , ne rappelait que deglorieux souvenirs; il était un symbole d’unité, d’ordre, de paix; laRussie , sous la dynastie nouvelle, populaire dès son origine, allait devenirune nation forte èt unie, une grande puissance européenne .

Les Romanof (1613-1680).— Le règne de Michel Romanof (1613-1645) fut réparateur ; il signa la paix avec la Suède et acheva la guerrede Pologne, échangea des ambassades avec Jacques I er et Louis XIII ,introduisit des industriels, négociants et savants etrangers dans l'empire,et fonda à Moscou une académie pour l’étude du grec et du latin; la Russie s’ouvrait de plus en plus à l'influence de l'Occident . — Michel laissa à sonfils Alexis Mikhailovitch (1645-1676) un empire pacifié. Le nouveau tsar,débonnaire et facile, calma les séditions, et commença la revanche contrela Pologne; à l'appel du chef cosaque Bogdan, il lit la conquête de l'Ukraine et de Kief, de la Russie Blanche et de Smolensk (traité d’Androussovo 1667).Mais les Cosaques, délivrés de la domination polonaise, s'insurgèrent sousle joug moscovite ; un chef du Don, Slenko Itazine, à la tète d'une arméede paysans affamés et d'aventuriers pillards, s’empara des villes du Volga ,soulevant partout les serfs contre leurs maitres ; le général russe Bara-tinski le vainquit à Simbirsk et l'usurpateur fut exécuté à Moscou (1671).Alexis, secondé par le patriarche Nicon, prépara la première réforme reli-gieuse par la correction des livres saints; cètte réforme fit éclater une oppo-sition formidable (le raskol) dans l’Uglise russe, et une infinité de sectes seformèrent. Le tsar tenta de nouveaux efforts pour négocier avec les souve-rains d'Occident des traités d'alliance et de commerce : Itoktourof vint àLondres en 1645, et les ambassadeurs Matchékine en 1653, Potemkineen^ 1668 furent présentés à la cour de France. — Feodou Alexievitcii(1676-82) ne changea rien à l’œuvre de civilisation entreprise.

Pierre le Grand (1689-1725). — Un de ses nombreux enfants,