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par des généraux étrangers, Lascy et Munich, ravagèrent la Crimée et laMoldavie; mais, en Occident, l’Autriche fut battue,et la tsarine ne garda deses conquêtes que le territoire situé entre le lioug et le Uonetz (traité delîel grade, 1739).
Ivan VI ne lit que passer sur le trône; une révolution de palais mit à saplace Elisabeth Pjstrovna, fille de Pierre le Grand (1740-1762).
Cette princesse, autrefois fiancée à Louis XV , chassa les Allemands de sacour, et se rapprocha de la France , dont l'iniluence redevint prépondérante.Elle vainquit les Suédois et se fit céder la Finlande méridionale (traitéd’Abo, 1743). Ses armées combattirent dans la guerre de Sept ans contrele roi de Prusse; ses généraux, Apraxine, Fermer et Soltykof eurent lagloire de vaincre en plusieurs rencontres les troupes expérimentées de Fré-déric II. Berlin fut pris; les Russes pillèrent les caisses de l’Etat, et détrui-sirent les arsenaux. La Prusse était perdue sans la mort subite d’Elisabeth(1762). Elle avait continué l'œuvre de son père, adouci la législation pénale,réprimé le brigandage, supprimé les douanes intérieures et les péages,fondé des banques agricoles, exploité de nouvelles mines, développe lecommerce avec l’Extrême Orient , établi des colonies, châtié le fanatismedes raskolniks, créé l’université de Saint-Pétersbourg qu’organisa sonfavori Ivan Schouvalof, embelli la capitale, construit Tsarskoé Sélo « leVersailles russe », appelé dans ses Etats des savants et des artistes français ,fait jouer des pièces françaises sur le théâtre russe, tout eu encourageantavec énergie les sciences et la littérature nationale. — Son neveu, Pierre III ,petit-fils de Pierre le Grand, fils d'Anna Pétrovna et du due de Ilolstein-Gottorp, lui succéda. Admirateur extravagant de Frédéric II , il suivit unepolitique contraire à celle d’Elisabeth, et commença partout des réformes àla prussienne. Ses penchants grossiers inspiraient'le dégoût à la cour, sapolitique extérieure augmenta son impopularité. Une révolution de palais,habilement préparée par la tsarine avec la complicité des frères OrloiT, mitbrusquement fin à cette prussomanie; Pierre 111 fut étranglé, et sa femme,la princesse allemande, Sophie d’Anhalt, fut proclamée impératrice sous lenom de Catherine II (1762).— Catherine II (1762-1796) fit oublier sonorigine étrangère en flattant les préjugés russes et en se mettant à la tètedu parti national; son génie politique astucieux et cruel transforma l'em-pire, acheva l'œuvre de Pierre, et fit entrer la Russie dans le concert desgrandes puissances. Pendant la première période de son règne, elle suivit enpolitique le sÿstèrm » du Nord , et noua d’etroites alliances avec la Prusse,l’Angleterre et le Danemark contre la France et l’Autriche . Elle réunit laCourlande à l’empire, imposa à la Pologne son favori, Stanislas Poniatowski comme roi, et, d'accord avec Frédéric II qui avait eu la première pensée decette spoliation, elle entretint l’anarchie en Pologne , et en prépara le dé-membrement. Dans le premier partage (1772) les deux puissances firent àl’Autriche sa part, la Russie se réserva la Russie blanche peuplée de1600 000 âmes, Frédéric II prit la Pologne occidentale moins Thorn et Dan-zig avec 900 000 sujets; l’Autriche eut la Galicie et la Russie rouge avec2500000 Polonais. Partout la Russie fut victorieuse; elle conquit la Crimée ,s’empara d'Azof, occupa la Valachie , détruisit la flotte turque dans la baiede Tchesmé, franchit le Danube et bloqua le grand vizir dans le camp deChoumla. Le traité de Koutschonk Kaïnardji (1774) ramena les Russes sur lelittoral delà mer Noire qu’ils ne devaient plus perdre (voy. p. 684). — Dansla seconde partie de son règne, Catherine abandonna le système du Nord etse rapprocha de l’Autriche et de la France . Irritée par les exigences et ledespotisme maritime de l’Angleterre, elle forma avec les marines sccon-