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L' Europe (sans la France) : choix de lectures de géographie accompagnées de résumés, d'analyses, de notices historiques, de notes explicatives et bibliographiques / L. Lanier
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748 LECTURES ET ANALYSES DE GÉOGRAPHIE.

daires la ligue de neulralilé armée (1780) et fil respecter la liberté desmers; elle imposa avec Louis XVI sa médiation à l’Autriche et à la Prusse prêtes à se disputer par les armes la succession de Bavière (congrès deTeschen, 1785) et maintint la paix de l'Europe . Toujours fidèle à la poli-tique du tsar Pierre, elle prépara avec Joseph II un projet de partage del'empire ottoman, et suscita une nouvelle guerre avec ia Turquie que laFrance encourageait et que la Suède soutint. La victoire navale de Gus-tave U1 sur la ilotte russe à Swenska Sund resta stérile (1790), mais lessuccès de Souvarof et Potemkine sur les Turcs coûtèrent au sultan Otcha-kof et le pays entre Boug et Dniestr (paix d’iassy, 1792'. Les luttes intes-tines de la Pologne fournirent à la tsarine et à ses complices le prétexted'un deuxième et d’un troisième démembrement de la Pologne (1793-1793).Malgré les efforts patriotiques du roi et de la diète, l'abolition du liberumveto, et l’héroïsme de Koseiusko et de ses compagnons d’armes, l’abomi-nable crime fut consommé; la Russie gagna à cet acte de brigandage inter-national la Lithuanie, la Podolie, la Petite Russie, la Volhynie et 3000 000d’habitants; la Prusse eutThorn, Danzig, la Pologne occidentale et la Pos-ninie peuplées d’un million et demi de Slaves; l’Autriche prit Cracovie ,Sandomir, Lublin. —A l'intérieur, la tsarine réprima l'insurrection de l’impos-teur Pougatchef (1775) et reprit, pour les agrandir, les projets de Pierre leGrand. Liée avec les philosophes et les écrivains français de son tempsdont elle courtisait la faveur et flattait la vanité, elle réunit une commis-sion pour la confection d'un code, réprima les concussions, divisa l’empireen 50 gouvernements, institua une hiérarchie judiciaire, accorda des privi-lèges aux marchands et aux bourgeois des villes, ouvrit un asile et des co-lonies aux proscrits religieux, sécularisa les biens d'église et fonda desécoles secondaires pour instruire, non le peuple, mais "les enfants de labourgeoisie et de la noblesse : de son temps l’influence du génie françaissur la civilisation russe s’accrut encore. Catherine attira Diderot à Saint-Pétersbourg , attacha Grimm à son service, traita en amis le prince de Ligneet le comte de Ségur, ambassadeurs de France, correspondit avec Voltaire ,d’Alembert, Marmontel , et fit ériger par le sculpteur I’alconet la statueéquestre de Pierre I er dans la capitale. Mais la tsarine qui professait unesi belle admiration pour les principes de la philosophie du dix-huitièmesiècle, n'y conformait pas sa conduite politique. Après avoir supprimé laPologne, elle refusa de reconnaître la république en France , stimula lezèle de la Suède et de l’Angleterre en faveur de Louis XVIII , qu’elle saluadu titre de roi, et envoya ses armées pour lui ouvrir les routes de France .L’empire qu’elle léguait à son successeur avait pour limites le Niémen , leDniestr, la mer Noire ; au moment de sa mort (1796), ses armées venaientd’occuper Derbent et Bakou sur la Caspienne .

La Russie au dix-neuvième siècle. — Son fils Paul I er (1796-1801), prince maniaque et bizarre, voulut tout réformer et brouilla tout.D'abord adversaire de la Révolution française , il témoigna à Bonaparte uneadmiration et une affection sans bornes, et chassa Louis XVIII de Mittau .Contre les Anglais il renouvela avec la Suède, le Danemark et la Prusse l’acte de neutralité armée sous le nom de Ligue des neutres. Il venait deformer avec le Premier Consul le grand projet de détruire la dominationanglaise dans l’Inde , lorsqu’il fut étranglé dans son lit par les nobles con-jurés, peut-être à l’instigation et avec la connivence de l’Angleterre. Sousson règne la Géorgie avait été cédée à la Russie. — Son fils, Alexandre I er(1801-1825), suivit à l’extérieur une politique nouvelle, renonça à la Ligue