des pays vassaux (1875). A l’autre extrémité de l’Asie , le général Moura-vief avait signé en 1S38 avec la cour de Pékin le traité d’Aïgoun, quicédait à la Russie la rive droite du fleuve Amour et le littoral maritime;le Japon lui abandonnait l'ile Saghalien. — En 1877, le tsar intervint dansla péninsule des Balkans en faveur des populations chrétiennes révoltéescontre les Turcs. Le sultan vaincu signa le traité de San-Stefano, plus tardcorrigé par celui de Berlin (1S7S). La Russie recouvrait en Europe la Bes-sarabie perdue en 1S36, et acquérait en Asie les territoires de Batoum etde Ivars (voy.. p. 683). — Les réformes accomplies à l’intérieur n'avaient pascalmé l’agitation russe. Les universités étaient les foyers des revendicationspolitiques et sociales; pour échapper à la surveillance de la police, dessociétés secrètes se formèrent ; la secte redoutable des nihilistes organisadans l’ombre ses complots. Le 13 mai 1SS1 Alexandre II tomba sous lesbombes nihilistes à Saint-Pétersbourg . — Sous son fils et successeur,Alexandre III , une réaction s'est produite contre l'introduction des in-stitutions, des coutumes et des modes de l’Occident ; les Russes essayentde se suffire à eux-mêmes, et le parti slave et vieux russe est le plusen crédit. L’œuvre d’émancipation des serfs a été complétée par un ou-kaze de 1SS3, qui supprime l'impôt de la capitation à partir du I er jan-vier 1S87, et établit l’égalité des sujets russes devant le fisc. — La poli-tique de conquête continue ses progrès dans l’Asie occidentale; les troupesdu tsar ont récemment occupé Merv (1883), et leur marche sur Ilérat amanqué de déchainer entre la Russie et l’Angleterre une guerre dont lesconséquences eussent été incalculables, et que la diplomatie des deuxnations rivales, grâce à des concessions réciproques, a réussi provisoire-ment à conjurer. Des trois grands projets poursuivis par les souverainsrusses dans leur politique extérieure, le premier est accompli ; la Pologne a disparu et la direction du monde slave est passée aux Romanof ; les deuxautres sont en voie d'exécution : le libre débouché par la Baltique et lamer Noire , et la domination des Touraniéns de l’Asie centrale, et deConstantinople . Par son ambition tenace, sa population et ses ressourcesgrandissantes, l’empire russe est une menace pour l’équilibre de l'Europe dans l’avenir ; dans le présent, il reste à cette agglomération d’hommes,dont les tsars ont fait un Etat discipliné et redoutable, et un instrument deconquêtes, à développer ses libertés intérieures et à devenir un peuple.
Constitution. — Monarchie absolue et héréditaire. La Constitutionparlementaire de la Pologne a été abolie en 1831, et le royaume mis au rangdes autres provinces. — Les trois grands corps de l’Etat sont : le Conseild’Empire (60 membres) s’occupant de la législation, des affaires civileset des cultes, des questions économiques et financières; — la Chancelle-rie privée de l’empereur, qui a remplacé l’ancien Sénat dirigeant, forme lahaute cour de cassation au civil et au criminel, enregistre et publie les or-donnances impériales ; — le Saint Synode qui est chargé des affaires del’Eglise nationale. 11 y a dix ministères : Présidence du Conseil, Maisoncle l’Empereur, Affaires élrangères, Guerre, Marine, Intérieur,Instruction publique, Finances, Domaines, Voies et communications.
— Le grand-duché de Finlande a seul conservé son autonomie et scsprivilèges; il est divisé en provinces.
Les provinces sont administrées par des gouverneurs qui représententl’empereur. Le territoire est divisé en soixante et un gouvernements, dontdix pour la Pologne et deux pour les armées cosaques de l’Oural et du Don.
— Les gouvernements sont groupés en gouvernements généraux, et sub-