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L' Europe (sans la France) : choix de lectures de géographie accompagnées de résumés, d'analyses, de notices historiques, de notes explicatives et bibliographiques / L. Lanier
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RUSSIE .

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dans l'immensité. Les arbres isolés, les buissons même finissentpar s’effacer; il ne reste que la terre cultivée, un champ sanslimite, s’étendant à perte de vue sur une longueur de plusieurscentaines de lieues, comme une Beauce gigantesque de600 000 à 700 000 kilomètres carrés. Non contente de suppléerà l’insuffisance en grains de la moitié septentrionale de laRussie , cotte région est, avec le bassin moyen du Mississipi,Un de ces grands magasins de blé qui permettent au mondemoderne de défier toute famine.

» Au-dessous du tchernoziom, entre les mers du midi et lui,viennent les steppes proprement dites, car les champs de la terrenoire sont souvent en Russie même désignés de ce nom, qii’onfinit ainsi par appliquer à toute plaine dénuée d’arbres. C’estdans les steppes que l’aplatissement du sol, l’absence de toutevégétation arborescente et la sécheresse de l’été atteignent leurmaximum. Inclinées vers la mer Noire, la mer d’Azof et la merCaspienne, occupant les bassins inférieurs du Dnieper et du Don,du Volga et de l’Oural , ces steppes sont les parties les plusbasses de ces basses plaines de Russie . Encore abandonnée à elle-même ou à demi sauvage, peu ou point cultivée, la steppe estune plaine déserte sans arbres, sans ombre, sans eau. Sur dessurfaces à perte de vue, on chercherait souvent en vain pendantdes journées entières un arbuste, une maison; mais pour êtredégarnie de forêts, la steppe n’est point toujours le désert stérileque l’Occident s’est figuré sous ce nom. Les steppes se divisentnaturellement en deux types nettement tranchés par le sol : lessteppes à terre végétale i ientique ou analogue au tchernoziom ;et les steppes de pierre, de sable ou de sel. Les premières, qui enEurope occupent la plus vaste surface, offrent à l’agriculture unchamp dont elle n’a qu’à s’emparer, les secondes lui sont àjamais rebelles.

» Les steppes fertiles remplissent la plus grande partie del’intervalle entre le tchernoziom, qu’elles continuent, et la merNoire et la mer d’Azof. Elles occupent le cours inférieur de tousles fleuves qui se jettent dans ces deux mers, du Dniester et duBoug au Don et au Kouban . Laissées à elles-mêmes, cessteppes témoignent magnifiquement de leur fécondité natu-relle. Dépourvues d’arbres, elles ont leur végétation, leur flore àelles, qui dans sa libre croissance, ne leur laisse rien à envieraux plus belles forêts. Au lieu de bois, elles se couvrent au prin-temps d’herbes et de plantes de toute sorte qui les font ressem-