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L' Europe (sans la France) : choix de lectures de géographie accompagnées de résumés, d'analyses, de notices historiques, de notes explicatives et bibliographiques / L. Lanier
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RUSSIE .

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folle et d’une richesse sauvage, au fond de laquelle on est sur-pris de ne pas trouver le grand Kniaz de Tatarie assis, les jambescroisées, sur son tapis de feutre noir. » (Th. Gautier, id.)

Saint-Serge et le couvent de Troïtsa (Trinité).

« Des quatre cent quatre-vingt-huit couvents dont s’honore laRussie orthodoxe, le premier en dignité est celui de Petclierski, àKief, où les premières annales du peuple russe furent rédigéespar Nestor, mais le plus intéressant pour l’historien est celui deTroïtsa, à 67 verstes de Moscou . Si Kief a été le berceau dela Russie Scandinave, « l’empire des tsars » doit sa naissanceà Moscou. Kief et Petcherski sont la petite Russie, Moscou etTroïtsa sont la Russie. On pourrait dire que Troïtsa est le Saint-Denis du Nord : le couvent russe a même collaboré plus énergi-quement que le monastère français à l’œuvre de l’unité natio-nale 1 .

» On entre dans le monastère en franchissant la Porte-Sainte , cette porte qui, depuis tant de siècles, a vu passerquatre cent millions de pèlerins, et qui, dans le nombre, acontemplé tant de grands princes et de princesses, des tsarset des tsarines. On doit bien penser que le monastère deTroïtsa, avec ses nombreuses églises et tous les trésors qu’ilrenferme, ne pouvait pas être une place ouverte. Il fallait pouvoirfermer les portes aux maraudeurs tatars ou cosaques, et au be-soin leur envoyer des coups de canon. Le monastère est doncentouré d’un mur d’enceinte continu de plus d’un demi-kilomètre

1. « Le monastère de Troîlsn a possédé un moment jusqu’à 105000 serfs mâles.Mais depuis la réforme de 17(51, le couvent n’a plus de sujets. II n’y a plus àdistinguer \o posad du monastère et les slobodes , autrefois peuplées des serfs dela couronne. 11 ne reste plus qu'une ville ou un gros bourg de 21527 habitants,dont 46 nobles. 301 moines, 8 notables, 1869 marchands , 30260 bourgeois ,1196 paysans. Si près du tombeau de saint Serge, on doit s'attendre à ne trouverque de parfaits orthodoxes; cependant la statistique reconnaît 20 catholiques etavoue 101 raskolnîks. Sergiévo participe au mouvement économique, qui emportetoute la « province industrielle de Moscou », c’est-à-dire toute la Russie cen-trale. Si le bienheureux revient parfois sur la terre, il doit être surpris de voirque cette forêt profonde, où il apprivoisa un ours, d’un signe de croix, et en fitson premier sujet, est traversée par un chemin de fer qui fait assez bien sesaffaires; que la solitude sauvage où, seul avec Dieu , il endura la faim, la soif lefroid, est peuplée de 25000 âmes; que sur ces cours d’eau, qui ne connaissaientalors d’autres industriels que les castors, il y a 71 manufactures ou ateliers ; qu'il«y est formé en 1S6I une petite compagnie de banque, etc. Ce n’est pas encore làu » grand centre industriel et commercial, mais c'est un beau résultat du premiercojp*de pioche donné par saint Serge dans la terre vierge de la forêt. » (Ram-

o\UD.)