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L' Europe (sans la France) : choix de lectures de géographie accompagnées de résumés, d'analyses, de notices historiques, de notes explicatives et bibliographiques / L. Lanier
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708 LECTURES ET ANALYSES DE GÉOGRAPHIE.

rieur. L’intérieur n’est éclairé que par une porte percée du côtéde l’orient. Là, se trouve une manière de sanctuaire sous lequelbrûlent un certain nombre de becs de gaz ; tout cela dépourvud’ornements. Le haut des murs est festonné à l’indienne, et, aumilieu, se trouve un dôme par où sortent une foule de petitescheminées. Du haut de ce dôme et de toutes ces cheminées, quise hérissent, et des pointes de tous les festons sortent des jets deflamme, jets maigres, je dois en convenir. Mais on comprendque l’effet devait être tout différent au temps des splendeurs dumonastère, quand le temple absorbait tout le gaz du plateau.Alors ces petites flammes d’aujourd’hui étaient fortes et nourries :c’étaient d’immenses panaches de feu qui s’élevaient vers le cielet que la moindre brise faisait tournoyer autour du dôme de lachapelle.

» La cour, assez spacieuse, est entourée d’un mur élevé, dé-coré à l’indienne, c’est-à-dire crénelé de festons dans le haut etavec des cintres dans le bas. Une partie de ces cintres sont sur-montés de pierres portant des inscriptions très anciennes. A gaucheet à droite sont appliquées contre le mur d’enceinte de petitesconstructions, de petites logettes, les unes haut perchées, lesautres au contraire fort basses; elles servaient de cellules auxanciens moines. Et partout, de ces créneaux, de ces dômes, detous les murs, de tous les toits, sortaient jadis des jets de flamme.Ces flammes sont éteintes aujourd’hui faute de gaz. Autrefois,les grands jours de cérémonie, quand tout était allumé, que lesmoines faisaient de la musique, battaient des cymbales, son-naient des cloches, il y avait de quoi parler à l’esprit des masses.Un pareil spectacle devait être imposant en même temps quefantastique. Aujourd’hui, il ne reste 'de tout cela que le souve-nir... et un très joli décor.

» ... Il nous restait encore une excursion à faire dans lesenvirons pour voir le naphte sous un autre aspect : la mer defeu. Nous ne pouvions quitter Bakou sans avoir vu ce spectaclecurieux. Un soir, nous nous mîmes en route. Cette fois, nousne montons pas en victorias avec nos bons cochers tartares etleurs petits chevaux enragés. C’est une chaloupe pontée, à va-peur, qui nous emmène, construite en fer, bien aménagée, muepar une hélice. La mer est calme, la nuit noire, le temps tout àfait propice à notre promenade. Nous naviguons comme sur unlac. Après avoir doublé le cap, nous nous rapprochons de lacôte. Le capitaine ralentit la marche et parait étudier avec soin