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L' Europe (sans la France) : choix de lectures de géographie accompagnées de résumés, d'analyses, de notices historiques, de notes explicatives et bibliographiques / L. Lanier
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GRÈCE . 817

» doyant de? ponts d’Alaï-Bey, le voisinage des grands lacs, la rïclie végé-» talion qui les entoure, causent une impression délicieuse. C'est ici la» Suisse de la Grèce . » (Isamdeut.) Au sortir des ponts, on découvre à lafois les deux lacs. Le Vrakhori est le plus grand des deux. « C’est un» beau lac, aux eaux pures et tranquilles ; seulement à son extrémité est,» il se brise contre les rochers comme une mer, mais avec moins de fra-» cas; les habitants le nomment irAavoî. On dit qu’à son extrémité orien-» taie, il est d'une profondeur insondable. Les bords de ce lac sont peuplés» et les villages y abondent, les uns dans la plaine au sud du lac, les autres» sur les pentes du Zygos. Mais les plus riches sont au nord du lac, pour-» vus de sources abondantes, entourés de bois de cliènes, de chènes-houx,» d’yeuses, séparés par des ruisseaux cachés sous des platanes touffus;» ils présentent à tout instant des échappées soudaines sur le lac et sur» les horizons des montagnes. » (Bazin, Archives des missions, 2 e série,t. I.) — Le l'idari ou Fvenos se jette dans le golfe de Patras ; — dansl’Elide coule le Pencios ou Gaslouni; — le Houpkia ou A/phée, venud’Arcadie, baigne la plaine d'OIympie et sépare l'Elide de la Messénie . —2° Versant de la Méditerranée : le Pirnatsa ou Pamisos, dans legolfe de Coron; — l'Iri ou Eurotas (Sparte ), dans le golfe de Marathonisi.

— 3° Versant de l’Archipel : Ylnachos arrose la plaine d’Argos etfinit dans le golfe de Nauplie ; près de là, au sud-ouest, à la base du montPontinos, trois sources jaillissent et forment un petit lac; c'est le fameuxmarais de Lerne, où la légende plaçait l'hydre tuée par Hercule . « Ce lac» terrible, dit M. Mézières, est aujourd'hui couvert de verdure; quelques» maisons grecques entourées de jardins et de (leurs sont bâties au milieu» même des marécages. » La fable de l'hydre de Lerne doit sans douteson origine aux travaux que les habitants devaient sans cesse renouvelerpour dessécher les marais formés par les nombreuses sources du Pontinos.

— Le Cepkissos ou Podoniphti, venu du Parues, passe au pied d’Athènes ,se grossit de Yllissos, et va finir dans la baie de Phalère: — YAsopos,venu du Cithéron, se jette dans le canal d’Egripos, près d'Oropos ; — leCéphissos béotien, originaire de la Doride, arrose des champs de blé et decoton, entre l’OEta et le Parnasse, et se perd dans le lac Copaïs (Topolias),comme le Mêlas ou Mavropotamos (fleuve noir) et comme Yllcrcyne,rivière de Livadia formée dans l’IIélicon par les deux fontaines limpides etglaciales de Mnémosyne et de Léthé, situées non loin de l’antre fameuxde Trophonius .

Le lac Copaïs occupe le centre de la plaine béotienne. 11 couvre150 kilomètres carrés en basses eaux, 230 dans les liantes crues, en jan-vier et février ; ses eaux se perdent par l’évaporation et par les vingt-iroisKalavolhra ou petits souterrains placés au-dessus du niveau du fond dulac, sur la ligne de rochers qui séparent le lac de la mer et de la plaine deThèbes . Le plus actif de ces émissaires est celui dont on aperçoit l’ouver-ture non loin du col de Kephalari. Parfois ces déversoirs sont obstrués, etle lac débordant ravage ses bords. Les anciens paraissent avoir entreprisde grands travaux pour régler le régime du lac, faciliter son écoulement àtravers les étroites fissures des monts Ptoüs, cl conquérir à scs dépens desterres à la culture. Sous Alexandre le Grand , l’ingénieur Cratès fut chargéde nettoyer les digues et les Katavothra du lac Copaïs. On voit encore surle sommet du cul de Kephalari les vestiges de seize puits creusés dansl’antiquité. De nos jours on a songé à créer un canal artificiel pour jeterles eaux du lac à la mer, et le meltre en culture. Le lac Copaïs se diviseen trois zones : la première (15000 hect.) est le marais proprement dit,