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L' Europe (sans la France) : choix de lectures de géographie accompagnées de résumés, d'analyses, de notices historiques, de notes explicatives et bibliographiques / L. Lanier
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818 LECTURES ET ANALYSES DE GÉOGRAPHIE.

toujours imbibé d'eau, inabordable, nourrissant des anguilles renommées;la seconde (9 000 hect.) est en partie recouverte de plantes marécageuses,en partie de terres fécondes que l’on cultive à l’époque des sécheressesexceptionnelles; la troisième (6000 hect.t renferme les terres cultivées;elle est peuplée de 3 500 habitants, dont le nombre tend à diminuer à causedes ravages de la lièvre. « Considéré du haut des montagnes qui l’encadrent,» le marais du Copaïs , couvert pendant la belle saison d'une épaisse couche» de verdure, olfre l'aspect de la plus luxuriante prairie et réjouit le regard» abuse par la distance sur la nature de cette végétation. Çà et là, au» fond d’nne anse, derrière une masse touffue, de larges flaques d’eau» reflètent le vif azur du ciel, miroitant au soleil et animant le paysage que» limitent majestueusement au nord les pics sévères du Parnasse , et à» l’est les hantes cimes accidentées de l'iîubée bleuissant à l’horizon. Une» fois dans la plaine, on reconnaît bientôt le marécage sous une forêt de» joncs, de roseaux, de larges fleurs aquatiques aux couleurs éclatantes,« aux émanations malsaines, avec ses eaux fangeuses et la lièvre qui dé-» cime les populations riveraines. » (E. Yemeniz, Revue des Deux Mondes ,15 juin 1805.)

Dans la partie orientale de la Grèce continentale, coule le Spcrchios, quidescend du mont Tymphrestos, et passe au nord des Thermopyles avant dese jeter dans le golfe de Lamia.

Littoral; Iles. — Aucun peuple n'a été plus favorisé que la Grèce parsa situation géographique et la configuration de son territoire. « Il n'y a» pas de pays au monde qui, à surface égale, présente tant d'iles, de golfes,» de péninsules et de ports, et où, par conséquent, s'accomplisse mieux« celle union de la terre et des eaux, qui est pour la nature la suprême» beauté, et pour l'homme la meilleure condition du développement social...» La Grèce regarde au sud. Elle plonge par trois pointes dans la Méditer -« ranée, presque sous la latitude de Gibraltar , et en face d'une des plus» fertiles provinces de l’Afrique. Séparée par la mer de l’Asie , de» l’Afrique et de l’Italie, elle s’en rapproche par ses iles. Les Cyclades ,» qui commencent près du cap Sunion, vont se mêler aux Sporades qui» touchent à l’Asie . Par un temps clair, un navire a toujours la terre en» vue. Ile Corcyre on voit Pltalie, du cap Maiée les cimes neigeuses de lan Crète, et de celte ile les montagnes de Rhodes et de la côte asiatique.» Deux journées de navigation mènent de la Crète à Cyrène; il eu fautn trois ou quatre pour atteindre l’Egypte. Comment s’étonner que la Grèce » ait rayonné bien au delà de ses frontières maritimes, par son commerce,n ses colonies et sa civilisation, quand tant de routes s’ouvraient devant» elle ! a (Voy. Duuuy, Histoire de la Grèce ancienne, t. I er , p. 3. )

L’tlellade projette dans tons les sens d’innombrables péninsules, pro-montoires et saillies, entrecoupés de golfes, de haies et de rades, « où la» mer et la terre, comme en se jouant, s’avancent et se retirent partout» l’une devant l’autre. » Tandis que la péninsule ibérique n’a que3000 kilom. de côtes sur 58 000 kilom. car. et l’Italie 2600 sur 239 000 ki-lom. car., la Grèce a plus de 4000 kilom. de rivages sur 44 000 kilom. car.— A l’est, sur la mer Egée : golfe de Volo, fermé par la presqu’île deTrikeri et communiquant avec la mer par les canaux de Trikeri et d’Orc'i;cap Stavros, golfe de Lamia ou Zéitouni en face des Thermopyles,canaux d’Alala'nli, d'Euripe et Egripos entre Pile d'Eubée et le eouti-nent, cap et haie de Marathon , presqu’île triangulaire de l’Attique, ter-mine par le cap des Colonnes (ancien promontoire Sunium); golfe d'Egine