832 LECTURES ET ANALYSES DE GÉOGRAPHIE.
Pharsale; avec embranchement sur Trikala et Kalabaka (Thessalie); — duPirée à Pyrnos ou Navarin (320 kilom.), par Athènes, Eleusis, Mégare ,Kalamaki, Corinthe, OEgion, Patras , Gastouni ; avec embranchement(10 kilom.), de Corinthe à Argos , Nauplie et Milis, prolongée plus tard surTripolitza, Megalopolis et Kalamata .
Le canal maritime de Corinthe . — Les anciens ont souvent tentéde percer l’isthme de Corinthe, mais le projet échoua toujours. Une sortede ravin qui se voit encore marque la place du canal commencé par Néron ,et sur ses bords sont les restes des anciennes murailles de défense élevéespar Valérien et Justinien , reconstruites en 1413 par l'empereur grec Em-manuel, et au quinzième siècle par les Véniliens. Dans l’antiquité, Corinthe avait deux débouchés maritimes, Cenchrcœ (aujourd’hui Kékhrids ) sur lamer Egée; Lechmum ou Ldchée, sur le golfe de Corinthe. Un tremblementde terre a détruit en 1858 le petit bourg bâti sur l’emplacement de l'an-cienne Corinthe , et une nouvelle ville a été construite au bord même dugolfe; sur le même rivage, au nord, est le petit port de Loutraki ; sur lerivage opposé est Kalamaki, lieu insalubre et mouillage peu sûr. LesGrecs avaient établi sur l’isthme un chemin glissant (ôioKxo;), sur lequelles vaisseaux étaient tirés à bras et transportés d’une mer à l’autre. Auxalentours on trouve d'importants vestiges de la ville de l'isthme, des dé-bris des colonnes ioniques et doriques, les traces d’une enceinte fortifiée.— De nos jours, le projet de percement de l’isthme a été repris parM. de Lesseps, en 1853. Mais le canal de Suez l'occupant tout entier, ilfut remplacé dans cette entreprise par le général Türr. Une société se formaau capital de trente millions, composée en majeure partie d'actionnairesfrançais . Le canal devait être creusé en ligne droite, du golfe de I.épanteau golfe d'Egine (de Corinîhe à Kalamaki), sur une longueur de 6343 m.,une profondeur de 8, une largeur de 100 m. au plafond dans les chenauxd’enlrée, de 22 m. ailleurs. L'inauguration des travaux a en lieu le4 mai 1882, en présence du roi et de la reine des Hellènes; en attendantl'achèvement, les voyageurs traversent l'isthme dans les voitures de laCompagnie hellénique, qui les transportent à Kalamaki. La route seraabrégée de 185 milles marins pour les provenances de l’Adriatique , de93 milles pour celles de la Méditerranée ; on économisera du temps et del’argent, et l’on évitera les parages dangereux du cap Matapan.
Postes. 213 bureaux, 8350 000 expéditions. — Télégraphes. 6000 kilom.-de lignes, 630 000 dépêches. — Marine marchande , 1S83 : 3164 navires àvoiles, jaugeant 219300 tonneaux, et 60 vapeurs de 30180; total, 3224 na-vires. La Grèce a 11 ports ou havres accessibles seulement pour la plupartaux caboteurs et bateaux côtiers ; les plus grands sont : le Pirie, portd'Athènes (15000 navires par an et 62 millions de francs d’affaires, dont22 avec la France ); les ports de Patras, Syra, Spefzia, Nauplie , Katakolo,établi en 1857, refuge des navires entre Patras et Navarin, etc.
IV. — Notions statistiques
Superficie, 646S9 kilom. car. — Population (en 1880), 1979147 hab.(30 par kilom. car.). — Races. Suivant Fallmerayer , « la population con-tinentale de l’ancienne Grèce a été, depuis le sixième siècle de notre ère,si profondément remuée et renouvelée par les invasions, les déplacements,les exterminations et les colonisations intérieures, que c’est à peine si l'onpeut dire aujourd’hui qu’un reste de sang hellénique coule encore dans lesveines des Grecs modernes. » A ce compte, il n’y aurait plus de Grecs en