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L' Europe (sans la France) : choix de lectures de géographie accompagnées de résumés, d'analyses, de notices historiques, de notes explicatives et bibliographiques / L. Lanier
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GRÈCE . 833

Grèce ; tout le peuple serait albanais, c'est-à-dire slave, ou un mélange deSlaves, d'Osmanlis, de Latins , de Homans. « Il suffit, dit M. About, d'avoirdes yeux pour distinguer les Grecs, peuple fin et délicat, des grossiersAlbanais. La race grecque n’a que fort peu dégénéré. » — « Infiniment supé-rieurs par l’esprit et par les habitudes de la vie policée aux races barbaresqui les ont vaincus, asservis, exterminés en partie ou disséminés, ils onttoujours conservé, à travers leurs désastres, et malgré la disproportion dunombre, une prédominance intellectuelle que le glai v e n’a pu détruire, quel’esclavage meme et ses tristes influences n’ont pu entièrement effacer.Transformés par le sang, ils ont survécu par la mystérieuse transmissionde l’intelligence. Leur langue, au moyen âge, a vaincu la langue slave,comme elle a triomphé plus tard du turc et de l’albanais ; absorbés parles hordes envahissantes, non seulement ils n’ont pas disparu dans cettefusion inégale, mais ils ont transformé, en grande partie uu moins, leursdominateurs; ils en ont fait des Grecs. Non pas, assurément, des Grecsde Thémistocle et de I’ériclès, mais enfin les fils encore reconnaissablesd'une nation qui, même du fond de sa triste déchéance, a gardé le traitdistinctif des races supérieures, l’aptitude au progrès et à la régénération.C’est l’exemple le plus merveilleux de vitalité qui existe dans l’histoire. »(Dict. de Vivien de Saint-Martin, art. Grèce .) La nationalité grecque,composée d’éléments si divers, est cependant homogène : aux Hellènesprimitifs se sont mêlés des Avares, des Slaves , des Albanais, des Osman-lis, des Vénitiens, des Français , des Catalans; les Grecs les plus purs derace sont les Maïnotes de* la péninsule du Ténare. — Les Turcs sontrares dans le pays (13 000) ; les Juifs en petit nombre (2600); les Italiens et Maltais , 3 000; les Anglais, 2000; les Français , 530 ; les Alle-mands, 300, etc. — Dialeotes. La langue grecque n’a pas péri; la langueécrite se rapproche du grec ancien, la langue parlée a subi des altérationsprofondes, et la prononciation est difficile. — Instruction publique. Ensei-gnement primaire ou démotique, gratuit et obligatoire (2250 écoles pu-bliques, HT 000 élèves; 300 écoles privées, 1G000 élèves); il y a une écolenormale. — Enseignement secondaire donné, pour le premier degré, dans33 gymnases (lycées), 3 500 élèves; pour le second, dans les 291 Ecoleshelléniques (2000 élèves). —Enseignement supérieur donné dans l'Uni-versité d’Athènes (pii a quatre Facultés (théologie; philosophie, scienceset lettres; droit; médecine), 2500 élèves; dans XOtisemiatoirc; X Ecole poly-technique d’Athènes ; XEcole militaire ; XEcole d'agriculture de Ti-rynthe; XEcole française d'Athènes , fondée en 1846 sous le ministèreSalvandy, et placée depuis 1850 sous le patronage de l’académie desInscriptions et Belles-Lettres : elle est composée de cinq membres nommésau concours ; leur séjour en Grèce est de deux ans ; ils doivent faire desexcursions scientifiques dans l’ancien monde grec, et envoyer chaque annéeun mémoire à l’Académie , sur un sujet d’histoire, de géographie, ou d’ar-chéologie grecque. — Justice . Cour des comptes. Cour de cassation ouAréopage, quatre Cours royales (d’appel), à Athènes, I’atras, Nauplie ,Corfou ; dix tribunaux de première instance ; trois tribunaux de commerce;cent vingt justices de paix; un jury; les codes sont calqués sur les codesfrançais . — Cultes. L’immense majorité (1640 000) appartient à XEgliseschismatique d’Orient ou orthodoxe, qui est divisée en 4 patriarcats(Constantinople, Jérusalem, Antioche, Alexandrie). La Grèce a H arche-vêchés et 13 évêchés; la direction de l’Eglise est entre les mains d'unSaint-Synode de cinq membres. — Armée . Service militaire obligatoire de20 à 50 ans. Durée du service : 3 ans dans l’armée active; 7 ans dans la