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L' Europe (sans la France) : choix de lectures de géographie accompagnées de résumés, d'analyses, de notices historiques, de notes explicatives et bibliographiques / L. Lanier
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GRÈCE . 83o

informes; et sous la domination franke, vénitienne et turque ,la population de la vallée s’était transportée au pied du Taygète ,dans la jolie ville de Mistra ...

» ... La nature d’un pays, son climat, les lignes de l’horizon,la lumière qui les éclaire, le voisinage de la mer, des fleuves oudes montagnes, exerce sur les mœurs d’un peuple, sur son dé-veloppement intellectuel, commercial et politique une influenceimmense. C’est donc apprendre à connaître un peuple que devivre où il a vécu et de respirer l’air qu’il respire. Souvent lanature d’une contrée est plus instructive que les ruines... ASparte les monuments antiques ont disparu ; et sur les col-lines que couvrait la ville, c’est à peine s’il reste les murs d’appuid’un théâtre, et des débris de colonnes épars auxquels l’archéo-logie n’a pu donner un nom. Athènes a conservé d’illustresdébris de sa grandeur ; si son golfe et ses montagnes aident àfaire comprendre son histoire, le Parthénon dit encore ce qu’elleétait. A défaut de cos témoignages, Sparte revit pour nous dansdeux choses : un petit fleuve qui arrose une vallée, et une mon-tagne qui la domine; l’un gracieux, verdoyant, couvert defleurs, et l’autre âpre, sauvage et grandiose. Aucune transitionn’adoucit le contraste, et des orangers séculaires fleurissent aupied des rochers immenses que couronnent des neiges éternelles.

» J’ai vu l’Eurotas depuis ses sources jusqu’à son embou-chure, sur une longueur de 16 ou 20 lieues. Son lit se dessineau pied des derniers escarpements du Taygète et suit la mêmedirection que cette chaîne de montagnes dont la masse prin-cipale sépare la vallée de l’Eurotas de la vallée du Pamisus, etdont les prolongements méridionaux vers le cap Ténare et lescontrées sauvages du Magne séparent le golfe de Laconie dugolfe de Messénie ... Il faut bien se faire à l’idée que ni l’Alpbée,ni l’Eurotas, ni aucune des rivières de la Grèce ne ressemblentà la Moselle , qui, dans ses eaux basses, jamais ne montre lessables sur lesquels elle coule : ce sont des torrents, des litslarges, qui offrent aux yeux moins d’eau que de buissons et defleurs, et qui, dix fois dans l’année, après les terribles oragesque décrit l’épopée antique, s’emplissent jusqu’aux bords deflots jaunâtres. Alors le fleuve emporte tout sur son passage ;il entraîne dans sa course impétueuse les arbres déracinés, etplus d’une fois, comme dans les descriptions très exactes de Vir-gile, les troupeaux et les bergers ; mais la nuit vient, l’orage secalme, les eaux s’écoulent, et quand le soleil reparaît à travers