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L' Europe (sans la France) : choix de lectures de géographie accompagnées de résumés, d'analyses, de notices historiques, de notes explicatives et bibliographiques / L. Lanier
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838 LECTURES ET ANALYSES DE GÉOGRAPHIE.

partie des habitants a conservé fidèlement les anciennes tradi-tions. C’est un dimanche, le matin, qu’il faut se promener dansles rues d’Aigion pour voir les Grecs parés dans tout leur éclat.On est frappé d’un luxe, d’une variété de costumes vraimentétonnants, quand on considère que c’est là parfois toute larichesse de ceux qui les portent.

» On connaît la foustanelle, sorte de jupon de coton blancaux mille plis, serré à la taille : c’est la seule partie de l’habil-lement qui soit la même pour tous : elle ne supporte aucunornement, et il serait impossible de distinguer la foustanelled'un palikare de celle d’un paysan, si l’une n’était généralementpropre, l’autre, au contraire, toujours sale, et destinée à serviralternativement de mouchoir ou de serviette. La ceinture seule,toujours en soie, est plus ou moins large ou longue, ou brodéed’or. Le gilet, droit ou croisé, est en velours noir ou en soie dedifférentes couleurs, orné de boutons ronds en rapport avecl’étoffe et brodé de toutes les variétés possibles de soutaches. 1Une veste courte, arrondie aux coins, découvre le devant dugilet, et tantôt, — dans les costumes de gala, — laisse le coulibre, tantôt s’attache par un double bouton. La veste est la plusriche partie du costume ; les côtés et le dos sont couverts debroderies de soie, d’argent ou d’or entremêlées. Quelques richespersonnages en portent dont l’étoffe est absolument cachée sousles galons et les passementeries d’or; un pareil costume coûte2 000 drachmes (environ 1 800 francs). De longues manchesouvertes, également brodées, pendent le long du bras, laissantà découvert la soie de la chemise. Les guêtres tombant sur unbrodequin verni, et montant un peu au-dessus du genou jus-qu’au caleçon de soie, sont de la môme étoffe que la veste, avecles mêmes broderies ; on les serre au-dessous du genou par desjarretières de soie tissée qui sont presque toujours de petitschefs-d’œuvre de travail et de finesse. La coiffure est pour tousla même, c’est le fez ; elle ne varie que par la richesse dugland, qui est en soie noire ou bleue, ou en or, attaché quel-quefois par une agrafe de diamants.

» Les paysans' portent un costume différent, mais non moinsoriginal. La veste, le gilet, les guêtres ou scaltses sont en fla-nelle blanche brodée de soie ou de soutaelie de laine rouge oubleue. Ils ont conservé la vraie chaussure grecque, les tsarouchia,sorte de souliers à la poulaine, en cuir de Russie , piqués desoie jaune rouge ou bleue, et terminés au bout et sur les côtés