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LES ARTS ET METIERS ILLÜSTRES.
cieux pour l’ethnographie que pour I’histoire de l’art. Nos plus vieuxancetres ne gravaient pas en relief, mais en creux; a l’exemple duBourgeois gentilhomme, dont ils n’avaient pourtant aucune notion,ils executaient des intailles sans le savoir, mais non des camees. —G’est la, du reste, une origine commune a la gravure et ä la sculpture.
On s’en tint longtemps ä ce genre de gravure en intaille, quis’imposait, en quelque Sorte ; car les pierres gravees furent les pre-miers livres des hommes, et les Egyptiens couvrir-ent d’hieroglyphesles pierres tendres avant de graver des cachets et des scarabees ;puis vint la gravure en relief, qu’on rencontre pour la premiere foisjustement dans le travail de ces scarabees, intailles d’un cöte etcamees de l’autre. D’Egypte, l’art de la gravure passa en Grece , et,vers 520 avant l’ere vulgaire, Theodore de Samos, qui inventa letouret (ä moins que ce ne soit Phidias , plus tard), etait dans toutl’eclat de sa reputation; c’est alors qu’il grava le fameux anneau dutyran Polycrate , lequel resida quelque temps— l’anneau bien entendu— dans l’estomac d’un poisson.
Au debut, les camees etaient graves sur des pierres quelconques,et, parmi les pierres gravees par des artistes grecs ou romains quienricbissent les collections, on en trouve beaucoup d’une seule cou-leur, telles que le saphir; mais on ne tarda guere ä faire choix pourcet objet de pierres formees de couches de couleurs variees, commela sardonyx, dont le graveur s’appliquait a tirer les plus heureuxeffets, en detachant en plus clair, en blanc autant que possible, lafigure, les vetements en une teinte intermediaire, et reservant pour lefond la coucbe la plus foncee en couleur, qui formait repoussoir.
LES CAM12ES ROMAINS. — La gravure des camees fut importee äRome par des artistes grecs, qui y furent longtemps sans rivaux. Sousle regne d’Auguste , cet art atteignit son plus haut degre de perfection;mais ce sont des artistes grecs, Dioscoride, Solon et autres, qui lepratiquaient, et fort peu d’artistes romains s’y sont distingues, ä moinsque, par une fortune malheureuse, leurs Oeuvres ne se soient perduesavant d’arriver jusqu’a nous (1). Les camees ne servaient pas seule-ment comme parure, montes en bagues, en bracelets, en Colliers ,agrafes, fibules, etc.; on en decorait aussi des vases et des coupes a
{!) Par un phenomene assez frequent de notre temps, il semble toutefois que la vogue aitimpose ä. des artistes romains de haute valeur la necessite de s’affubler de pseudonymes grecs,pour pouvoir contre-balancer la renommee de leurs rivaux et prevenir la depreczation de leurspropres ouvrages.