LES CA.MEES-COQUILLE.
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boire : d’oü ces magnifiques imitations en verre dont le vase Portlandet l’amphore de Naples sont les glorieux survivants.
A la chute de l’empire romain, l’art de graver les pierres pre-cieuses emigra ä Constantinople avec les autres, et, comme les autres,s’y eteignit ou a peu pres ; et bien qu’au moyen age cet art n’ait pasete completement abandonne, ce n’est qu’a l’epoque de la Renaissancequ’il se releva veritablement, sous l’impulsion d’artistes grecs venusde Constantinople en ltalie, autant qu’on peut le croire. C’est enItalie , en tout cas, que se produisit cette resurrection, et les noms desgraveurs sur pierres celebres de cette epoque sont presque tous desnoms Italiens.
C’est en Italie aussi, par exemple, qu’en presence de la raretedes pierres fines a plusieurs couches de couleurs variees, on imaginad’y substituer des coquilles dont les parois presentent ce meme phe-nomene de plusieurs couches colorees diversement et, en outre, destons nacres qui manquent aux agates et aux sardoines ; seulement, cesavantages sont plus que contre-balances par le peu de solidite ducamee-coquille, qui s’use vite par le frottement, tandis que le camee-pierre est, pour ainsi dire, indestructible.
GRAVÜRE SUR COQUILLE. — A raison du peu de durete de lamatiere dans laquelle il est grave, le travail du camee-coquille differeentierement de celui du camee sur pierre fine. Premierement, l’usagedu tour est dedaigne; quoique, sur le tour, les outils qui ont raisonde la nacre meme s’ebrechent sur ces coquilles, on n’a point recoursaux meules enduites de poudre de diamant et autres pour les tra-vailler : des burins et des grattoirs manceuvres ä la main suffisent.
L’artiste, assis aupres de l’etabli, a, rängee devant lui, toute unecollection d’outils variant depuis le burin triangulaire de taille rai-sonnable jusqu’a de veritables aiguilles emmanchees et des limes d’unefinesse extreme ; outre un petit tampon de cuir garni d’une planchettede bois sur laquelle est fixe un objet ovale ayant l’apparence d’unetres petite plaque d’albatre, et qui n’est autre qu’un fragment decoquille ayant recu sa forme generale et dresse pour etre grave. Surcette petite plaque, l’artiste commence par tracer, a l’aide d’un crayontres fin, les contours du dessin dont le modele est place devant lui surun petit chevalet, ou immerge dans l’eau comme nous l’avons vu pourle camee dur. Le dessin termine, il abandonne son crayon, qu’il rem-place par un de ses outils a pointe imperceptible, avec lequel il suit engrattant les lignes tracees par le crayon ; un outil plus fin encore est