LES DIAMANTS CELEBRES.
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dernier, il l’emmaillota soigneusement, l’enferma dans un eerin et mitle tout dans la poche de son gilet, oü il n’eut rien de plus presse quede l’oublier. L’heure du diner venue, John changea de vetementscomme il convient, jetant le gilet qu’il venait de quitter au premiercoin venu. Six semaines plus tard, un messager de lord Dalhousie,gouverneur general de l’lnde, venait annoncer que la reine avaitmanifeste le desir que le Koh-i-Noor füt expedie le plus tot possible enAngleterre. Ge messager ayant ete adresse ä sir Henry, celui-ci leconduisit a son frere, a qui il donna communication du message dugouverneur general.
— Eh bien, envoyez-le tout de suite, dit John Lawrence fort tran-quillement.
— Envoyez-le vous-meme, lui retorqua son frere, puisque c’estvous qui l’avez.
A ces paroles, le Souvenir de son incroyable negligence vintassaillir le malheureux John, qui, sans dire un mot de plus, sortitprecipitamment. Il fit appeler son vieux serviteur indigene :
— N’avez-vous pas connaissance d’une petite holte que j’ailaissee, il y a deja quelque temps, dans la poche de mon gilet? luidemanda-t-il.
— Si, sahib, repondit l’Hindou ; c’etait une dibbia : Je l’ai priseet je l’ai placee dans une de vos boites d’etain.
— Allez la chercher, commanda John Lawrence , tres emu sansvouloir le laisser paraitre.
Le vieux domestique sortit, et au bout de quelques minutes ilreparaissait devant son maitre, portant une boite d’etain en fort mau-vais etat, d’oü il retira la petite boite en question.
— Ouvrez-la, dit l’administrateur, et voyez ce qu’il y a dedans.
Et pendant que l’indigene, tout ä fait ignorant de la valeur dutresor qu’il avait eu en sa possession, depliait un ä un les doubles del’enveloppe multiple au milieu de laquelle le Koh-i-Noor dissimulaitsa gloire, John Lawrence suivait tous ses mouvements avec uneanxiete febrile. Lorsque enfm la merveilleuse pierre parut a ses yeux,il n’eut pas trop de toute son energie pour resister a l’emotion aiguequ’il en ressentit. Quant ä l’Hindou , tout en developpant le tresor dontJohn avait un instant craint la perte, il se contentait de marmotter,hochant la tete d’un air entendu :
— Ah! sahib, il n’y a rien dedans qu’un mechant morceau deverre!...
Le « morceau de verre » fut toutefois bien accueilli en Angleterre;