LES DIAMANTS CELEBRES.
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vers le xv° siede, on le voit briller d’abord au casque de Charles leTemeraire, qui le perdit, avec la vie, ä la bataille de Nancy , — amoins qu’il ne l’eut deja perdu a Morat . Quel que soH le champ debataille ou il fut trouve, le fait est que le soldat suisse qui le ramassafut enchante de le vendre 1 florin ä un pretre, qui lui-meme jugeaavantageux le marche par lequel il s’en de fit moyennant la somme de1 florin 1/2. Gommei.it, de la, arriva-t-il a faire part.ie des joyaux dela couronne de Portugal , voila ce que nous ignorons ; mais, vers 1489,apres un premier emprunt non rembourse, le monarque portugais abandonnait son diamant a Harlay de Sancy contre une somme de100,000 livres tournois.
Un siede plus tard, Nicolas Harlay de Sancy , dont les apostasiesrepetees devaient exercer la verve d’Agrippa d’Aubigne , avait eteCharge par Henri III d’aller lever en Suisse une armee pour com-battre la Ligue; au cours de sa mission, il recut de son souverain unedemande d’emprunt ä laquelle il repondit en envoyant, par un domes-tique de confiance, le fameux diamant. Mais ni le diamant ni le domes-tique n’arriverent a destination. Sancy etait sür de la fidelite de sonserviteur; mais, en fin de compte, il avait disparu. D’actives recher-ches furent entreprises ; on apprit qu’un vol a main armee avait eteeommis en certain endroit de la route que le courrier avait du par-courir, et lorsqu’on se fut assure du lieu precis oü le crime avait eteeommis, des fouilles conduisirent, en effet, a la decouverte du cadavredu malheureux. Le baron, qui decidement connaissait bien son homme,fit ouvrir ce cadavre, et le diamant fut retrouve dans 1’estomac duserviteur fidele qui, se voyant sur le point de succomber, l’avait avale.Ce fut ä partir de ce moment que le nom de Sancy fut donne ä undiamant dont l’odyssee dramatique avait si singulierement attire l’at-tention publique sur son possesseur — les serviteurs les plus fidelesue comptant alors pour rien et n’ayant d’ailleurs pas de nom.
Quelque temps apres, le Sancy etait achete par la couronne d’An-gleterre; mais, dans.safuite precipitee, apres la revolution de 1688,JacquesII oublia de l’ylaisser et, arrive en France , levendit äLouisXIV600,000 francs, quoiqu’il valüt bien davantage. Le Sancy fit partie desjoyaux de la couronne de France jusqu’en 1830 ; en 1835, la duchessede Berry le confiait ä un marchand du nom de Jean Fridalein, qui levendait 2 millions au prince Demidoff. On l’a vu briller au cha-peau du comte Paul Demidoff, aux bals costumes des Tuileries ,dans les dernieres annees du Second empire ; on a raconte memequ’une nuit de bal, le gentilhomme russe fit semblant d’avoir perdu