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Tome premier.
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LES ARTS ET METIERS ILLUSTRES.

ce riche joyau, pour se donner le facile triomphe de considerer cetteperte comme insignifiante.

LE DIAMANT DE LA COURONNE PONTIFICALE. — Charles le Teme-raire ne possedait pas que ce diamant, qui devait s’appeler un jour leSancy, ce n’etait meme pas le plus gros de son ecrin. Celui-ci orneaujourd’hui la tiare pontificale, apres avoir orne’ le turban du GrandMogol, qui l’aurait cede directement aux agents du fastueux duc deBourgogne . Son histoire ressemble uri peu, au debut, a celle du Sancy.

Apres avoir ete abandonne avec les bagagesdu duc, a la deroute de Granson , il auraitete trouve par un soldat suisse , qui l’auraitvendu un ecu a un pretre, lequel l’aurait cedetrois ecus a un juif de Berne . Ce dernier, ensa qualite de juif , se connaissait un peu mieuxen cristaux; il tira 5,000 ducats de celui-ci.Son acquereur le revendit 7,000 ä un juiflombard, qui le vendit le double a LodovicoSforza, dit le More, duc de Milan . Le profiten valait la peine, au moins.

Enfin, Jules II l’acquit pour 20,000 du-cats, et il est reste depuis cette epoque le plus bei ornement de latiare pontificale.

LE DIAMANT DE LA COURONNE D’AUTRICHE . — Un autre diamantde Charles le Temeraire , egalement ramässe sur le champ de bataillede Granson, orne a present la couronne d’Autriche . Il est evalue2,600,000 fr., malgre sa taille defectueuse; mais on ignore le prixqu’il a ete paye, s’il l’a ete. Achete dans les memes conditions a peupres que les precedents, par le joaillier suisse Jacques Fugger,' ilappartint plus tard a Henry VIII d’Angleterre, puis passa en Espagne ,et de la tout naturellement dans la maison d’Autriche . Mais , ensomme, l’histoire de ce diamant est un peu plus obscure que celledes precedents, et meme des suivants.

Le tresor de la couronne autrichienne doit encore posseder toutela boutique de joaillier que le duc Charles portait a son chapeau al’italienne, egalement oublie a Granson ; mais ceci a moins d’impor-tance, et, du reste, nous ne saurions avoir la pretention de passerla revue de tous les diamants historiques; or, s’il nous faut faire unchoix, faisons-le le plus discretement possible.

Fig. 36.

La Lune des montagnes{p.293).