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Tome premier.
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LES ARTS ET METIERS ILLUSTRES.

pable d’aborder sans une difficulte extreme une partie qui n’est pascelle adoptee par son patron d’apprentisage.

— Mais, objectera-t-on, le specialiste habile gagne davantage.

— G’est vrai — tant que sa specialite na...

J’ai connu un garcon de peine intelligent et madre qui, apresmoins d’une annee passee en cette qualite chez un petit patron fabri-cant de manches de plumeau en cedre rouge sous pretexte d’acajou eten hetre peinturlure facon palissandre , s’avisa d’aller s’etablir a quel-ques portes plus loin, arme d’un materiel d’occasion achete rue deLappe, dans le but non dissimule de faire a son ancien patron uneconcurrence ruineuse. 11 y reussit pleinement. Pourtant, ce garconn’avait appris son metier qu’a ses moments perdus, qui n’etaient pasnombreux, « ä gratter, comme il s’en vantait, des morceaux de boisde rebut. » Mais s’il faisait bien ses affaires, en apparence, sans etrepasse par un long apprentissage, il faut considerer qu’il ne fut jamaiscapable de faire autre chose que des manches de plumeau... et desdettes pendant les chomages trop frequents que lui valait le peu d’eten-due et de variete de ses connaissances professionnelles — et dont troisou quatre ans d’apprentissage dans « la specialite » ne Feussent d’ail-leurs point sauve.

Une autre consideration, une consideration d’ordre moral, doittenir eloigne, autant que faire se peut, des parties trop specialisees,qui ne produisent que la camelote, soit pour l’exportation, soit pourl’interieur ; car, pour se livrer avec fruit a ce genre de besogne, il faut,de necessite, etre tres robuste et — pour n’y rien perdre — parfaite-ment stupide.

En effet, dans une occupation oü Fesprit n’a pas d’aliment, commedans la routine d’une besogne toujours la meme, ä laquelle on ne sau-rait se resoudre que parce qu’il faut « gagner son pain », Fintelligences’atrophie, — a moins qu’elle ne cherche ailleurs l’aliment qui luimanque, au detriment de Foeuvre et souvent de l’ouvrier lui-meme. Gen’est pas lä, dans tous les cas, un ideal bien seduisant.

L’EBENISTERIE. — L’ebenisterie de luxe offre heureusement äFapprenti tourneur une carriere lucrative, honorable et attrayante.L’intelligence, qu’il ne faut, je le repete, jamais laisser sommeiller, ytrouve largement ä s’occuper ; car il s’agit de travaux soignes et vrai-ment artistiques, quoiqu’en apparence les memes quevingt specialistesproduisent a meilleur eompte, et incomparablement plus vite.

On y apprend, en outre, a fagonner les bois des lies les plus varies