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LES ARTS ET METIERS ILLUSTRES.
est divise au moyen de cloisons mobiles ou meme de simples paravents,en un certain nombre de pieces qu’on peut augmenter ou diminuer,dont onpeut modifier a plaisir les dispositions, simplement en depla-gant ou en supprimant lesdites cloisons. Ges pieces sont garnies denattes de paille de riz tres habilement tressees, epaisses d’environO m ,10, et par consequent molles et elastiques : c’est la tout le mobilierapparent. II y a de petites tables carrees, hautes d’environ 0 m ,35 au-tour desquelles on s’accroupit pour prendre les repas ; de»petits gue-ridons sur lesquels on ecrit, je suppose, dans la meme posture; maisces petits meubles sont enfermes dans des placards d’oü on les extraitau moment du besoin. Pour literie, des robes de chambre de saison, descouvertures de coton ou de soie, et pour oreiller une petite caisse debois un peu plus longue que le diametre de la tete, epaisse de quelquescentimetres et rembourree sur sa face superieure. — « Ge qu’il y ade plus remarquable dans un lit japonais, dit un voyageur, c’est sanscontredit l’oreiller. C’est une boite en bois, haute de quatre pouces,longue de huit et large de deux pouces au sommet. Sur le cote supe-rieur, il y a un coussin de papiers plies sur lequel le dormeur reposele cou, car la coiffure compliquee ne permet pas aux Japonais, surtoutaux femmes, de reposer la tete sur l’oreiller. Chaque matin, le papierdu dessus est enleve du coussin, exposant une surface propre sans qu’ily ait necessite de laver la taie d’oreiller.
» J’ai passe la plus grande partie de la nuit a apprendre a placerma tete de cette facon inusitee, et quand je fermai les yeux ce fut pourrever qu’on me guillotinait lentement, et je me reveillai au momentcritique pour trouver 1’oreiller sens dessus dessous et mon cou appuyesur le rebord fort tranchant de la boite.
» Pendant mon sejour au Japon , j’ai reussi ä manier dans la per-fection les petits batons dont se servent les indigenes en guise de cou-teau et de fourchette et j’ai habitue mon palais au goüt du poissonfrais et... cru, mais j’ai du renoncer ä dormir sur l’oreiller-boite. »
Voila pour les meubles utiles ; voila comment le Japonais entendle confortable. L’Occident l’entend d’une tout autre fagon, maisl’Orient n’a peut-etre pas tort pour cela.
UN AMEUBLEMENT DANS LINDE. — L’Inde n’aime pas plus que leJapon a s’encombrer de meubles. « Si nous nous formons un jugementd’apres l’lnde, dit le docteur Birdwood, le grand art en fait d’ameu-blement consisterait a s’en passer. Excepte lä oü la vie sociale de lanation a subi l’influence des idees europeennes, les meubles, dans les