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Tome premier.
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LES METAUX PRECIEUX.

L’ARGENT.

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par le röle du hasard dans la decouverte des mines modernes, quandla Science avait acquis une puissance indeniable, on peut certaine-ment croire que les premiers inventeurs ne l’ont pas fait expres. Lehasard, en effet, voila le grand coupable ; et ce n’est que lorsqu’il afait son oeuvre que la Science apparait, demontrant que rien n’etaitplus facile a deviner que la presence de l’argent, de l’or ou de telautre produit mineral precieux evidemment trabie par la Constitutiongeologique du sol : alors il fallait le deviner ! — Qu’on m’indique unemine quelconque decouverte par un ingenieur ou un geologue, et jeconviendrai volontiers que le hasard se meie de ce qui ne le regardepas et se fait un malin plaisir de ravir au savant sa part legitime degloire, juste au moment oü il allait mettre la main dessus. — Mais jedefie qu’on le fasse.

DECOUVERTE DES MINES DE POTOSI. — Yoyez, par exemple, eom-ment furent decouvertes les mines de Potosi, les plus anciennes et lesplus riches encore de toute l’Amerique , composees de plus de troisCents puits d’extraction, — la plupart abandonnes aujourd’hui, il estvrai.

C’etait peu de temps apres la conquete, vers 1544. Un certainDiego Hualca, Indien d’origine, chassait la vigogne dans le Gerro dePotosi . Dans la rapidite de la course a laquelle le contraignait sa proieagile, prete ä lui echapper, il heurte un obstacle, chancelle et secramponne instinctivement, pour eviter une chute dangereuse, a unarbuste qui se trouve sous sa main. Mais la secousse a ete trop forte,l’arbuste cede et se detache du sol, et l’lndien fait la culbute : — dumoins, je m’en doute.

Pendant ce temps, le gibier prenait du champ, et il ne pouvaitplus etre question de le poursuivre. Diego y renonca donc et resolutde prendre quelque repos en attendant une meilleure occasion. Enexaminant les racines de l’arbrisseau qui lui etait reste dans la main,il s’apercut que de nombreuses parcelles de minerai brillant y etaientattachees; il courut au trou beant laisse par l’arrachage de cette racineet y reconnut la presence de minerai semblable, dont il parait avoirau moins soupconne la nature.

A douze ou treize Heues de cet endroit existait la mine de Porco,la premiere que les Espagnols eussent decouverte en Amerique , eten pleine exploitation depuis plusieurs annees, mais epuisee depuislongtemps maintenant. Diego fit part de sa decouverte a un de sesamis employe dans les mines, lequel n’eut pas de peine a en recon-