Band 
Tome premier.
Seite
710
JPEG-Download
 

710

LES ARTS ET METIERS ILLUSTRES.

battu comme le premier, donne des feuilles d’or plus minces et plusetendues, egalement divisees en quatre parties egales, puis reunies enun troisieme paquet, appele cette fois chaudret, oü des feuilles debaudruche ont ete substituees aux feuilles de velin.

Ce n’est pas fmi. Les feuilles provenant du battage du chaudretsont ä leur tour partagees en quatre; on en forme des paquets de huitCents feuilles, appeles moules, battus sur nouveaux frais. Une nouvelledivision en quatre des feuilles d’or ainsi traitees produit enfin la matierede petits cahiers de vingt-cinq feuilles chacun, appeles quarterons,enfermes dans des feuilles de papier de couleur rouge orange preala-blement frottees de terre bolaire de meine couleur pour prevenirl’adherence de l’or. Dans cet etat, les feuilles d’or ont ete amenees al’epaisseur d’un huit-centieme de millimetre environ : on voit qu’il y aencore de la marge; mais cette epaisseur est necessaire pour les appli-cations industrielles de For battu. Les quarterons, assembles pardouzaines, sont presses entre deux planches, et on enleve, au moyend’un linge, l’or qui depasse les bords des cahiers.

L’or ainsi traite contient toujours un alliage d’argent ou de cuivre,ou des deux metaux reunis, dans des proportions tres variables, maistout juste pour corriger l’excessive ductilite du metal precieux sansnuire a la rapidite et a la perfection du travail.

L’OR EN COQUILLE. — D’autres metaux sont ainsi reduits en feuillestres minces, moins que For pourtant, par l’operation du battage. Cesont l’argent, le cuivre, le platine, le zinc, l’etain, etc. Les batteursd’or, qui travaillent egalement ces derniers metaux, preparent enoutre For et l’argent en poudre pour les peintres. Les feuilles d’orbattu, par exemple, broyees ä la molette sur le marbre, melangees demiel pour en former une sorte de pate, sont ensuite traitees ä l’eaucbaude, qui dissout le miel en laissant se deposer For en poudreimpalpable. Cette poudre, delayee dans une solution gommeuse faibleet placee dans des coquilles de moules, constitue For en coquille desaquarellistes. On choisit de preference, pour cet objet, les feuilles d’ordefectueuses, appelees bactrdoles, et les rognures de feuilles dechirees.

HISTORIQUE. — Les anciens savaient battre For en feuilles minces,mais sans obtenir des resultats ä beaucoup pres aussi etonnants queceux qu’on obtient aujourd’hui. Pline nous informe toutefois que lesbatteurs romains tiraient d’une once d’or jusqu’a sept cent cinquantefeuilles carrees de la largeur de quatre doigts. II y avait ä Preneste