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Tome premier.
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LES AKTS ET METIERS ILLUSTRES.

valeur artistique qu’il soit possible de leur donner, sans jamais violer rmeine dans les plus minutieux travaux de detail, les principes fonda-mentaux du dessin d’ornementation; et toujours ils arrivent ä plaire,meine par des effets d’un luxe quelquefois barbare et exagere. — Cecaractere de la bijouterie indienne presente un contraste remarquableavec la bijouterie moderne des Europeens, dans laquelle l’objectif dubijoutier parait etre de produire la plus petite somme de travail pos-sible sur la plus grande quantite possible de metal. Le poids est enrealite le caractere predominant de la bijouterie europeenne de pre-miere cote : le travail de l’orfevre ne vient qu’en seconde ligne. Memequand ils font des reproductions des meilleurs originaux, ils gätentleur ceuvre par trop d’epaisseur et de lourdeur; et teile est l’actiondemoralisatrice de cette rage pour le poids, que des acbeteurs europeensdont beeil est attire par des bijoux indiens, s’empressent de les refuser,les trouvant trop legers ä la main. Le prix de la bijouterie indienneest dans la proportion d’un sixieme ä un quart en excedent sur sonpoids net... L’aspect trompeur de ses richesses, sa fausse apparencede solidite. combines avec l’exuberance de son faste somptueux,constituent en realite l’un des plus grands attraits de la bijouterieindienne, specialement aux yeux de l’admirateur pauvre. Vous voyezun Collier compose de cubes d’or tailles, massifs et bruts en appa-rence, mais legers comme la moelle de sureau; et, cependant, touten etant creux, le collier ou l’ornement, quel qu’il soit, n’est pas enfaux; il est fait de l’or le plus pur, aussi doux au toucher que la cire,et c’est lä ce qui donne a la bijouterie indienne la plus legere et lameilleure marche cette etonnante apparence de realite... »

LA BIJOUTERIE ARCHEOLOGIQUE EN ITALIE . — LAVORO A SFOGLIA.—■ Cette bijouterie, si riche d’apparence et pourtant d’un poids sileger, n’est pas speciale ä l’Inde , et eile est si bien une tradition de Fan-tiquite qu’on en a retrouve des specimens dans beaucoup d’ancienstombeaux greco-romains. De plus, la tradition ne s’en est pas con-servee dans Finde seulement, mais encore dans le midi de l’Italie , etM. Lenormant a pu, dans son livre sur la Grande Grece , donnerd’interessants details sur les procedes de cette fabrication actuelle-ment suivis ä Catanzaro (Calabre ) (1).

« En entrant en ville, raconte M. Lenormant , je m’arrete devantla boutique d’un orfevre ä regarder son travail. Le procede tout par-

(t) La Grande Grece, paysages et histoire. (Paris 1881, 2 vol. in-8 0 .)