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Tome premier.
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767
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BIJOUTERIE. — LES TRADITIONS ET CE QU’IL EN RESTE. 767

ticulier qu’il emploie, hors d’usage dans nos pays, est celui qu’onappelle ici lavoro a sfoglia; il m’interesse vivement comme une tra-dition de l’antiquite. Ce genre de travail sert a produire ces bijouxlegers et peu coüteux, composes de minces feuilles d’or estampees,dont se parent les contadine. On en trouve frequemment d’analoguesdans les tombeaux de l’epoque hellenique, et les archeologues les onttrouves si fragiles qu’ils ont generalement pense qu’on les fabriquaitexpres pour l’usage funeraire, et non pour etre portes dans la vie.

» Yoici comment procede l’orfevre :

» II a devant lui une plaque de pierre au grain serre, habituelle-ment d’ardoise ( lavagna ), dans laquelle il a grave en creux, le plusfinement qu’il a pu, la forme de l’objet qu’il doit executer, comme eile serait dans une des moities d’un moule de deux pieces juxtaposees oüil voudrait jeter le bijou en fonte. Il place alors sur cette plaque de pierreune feuille ou plutot une lame mince d’or ou d’argent, ä laquelle ilsuperpose une lame de plomb, double d’epaisseur. Ceci fait, il frappevigoureuserftent avec un marteau de bois, de maniere a faire penetrerla double lame de metal, souple et ductile, dans le creux oü eiles’estampe. Ceci fait, il n’a plus qu’a separer la feuille d’or du plombqui la doublait, et, apres avoir produit deux exemplaires du memeestampage, il obtient son bijou complet en deux pieces, qu’il ne luireste plus qu’a souder par les bords en remplissant leur creux d’unepate qui donne quelque consistance a la pellicule metallique et l’em-peche de l’ecraser au premier contact.

» En Egypte, en Assyrie, parmi les debris de la Mycenes a ob ee n n e des Pelopides, et aussi dans les ruines des villes helleni-ques et greco-romaines, comme tout recemment ä Ruvo, l’on a fre-quemment decouvert des plaques de pierre schisteuse, exactementpareilles a celles dont se servent les orfevres du Napolitain pour tra-vailler a sfoglia, et presentant de meme des formes de bijoux encreux. On les a souvent considerees comme ayant du servir de moulespour la fonte, bien que leur matiere y füt peu apte, et que surtout onn’y trouvät pas les canaux indispensables par oü le metal en fusionaurait pu penetrer dans le creux, entre les deux pieces semblables qu’ileüt fallu joindre pour former un moule. Le procede qui s’est maintenupar tradition dans le midi de l’Italie et que j’ai vu mettre en ceuvresous mes yeux a Catanzaro , en explique seul la veritable destina-tion. »

1ES BIJOUTIERS ETRUSQUES ET LEURS DESCENDANTS. — Mais les