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Tome premier.
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BIJOUTERIE. — LES TRADITIONS ET CE QU’IL EN RESTE. 77b

achete par la maison Garrard, joailliers de Haymarket. L’impatiencemontree par les Anglais d’entrer en possession n’avait pas permis äl’infortune roi negre Koffee Kalkali de faire un choix quelconque,aussi trouvait-on dans cette premiere fournee les objets les plusdisparates, dont le Times, toutefois, reussit ä faire un inventairesommaire.

« Parmi les plus grandes pieces, disait en consequence le journalde la Cite, nousmentionnerons une tete d’homme d’or massif, pesant de50 ä 60 onces, qui semble representer la tete d’une victime bäillonneepour un sacrifice. En dehors de son poids, le caractere de cet objetle rendrait plus propre ä orner un musee qu’une collection privee.Des griffons, de meme matiere, ont ete enleves des bras du tröne duroi, ainsi que deux enormes lames d’epee, fixees chacune sur quatreboules d’or, que l’on elevait devant le roi dans les grandes occasions.

» II y a aussi differentes plaques destinees a etre portees au cein-turon par les personnages de distinction. Le travail de ces plaques,ainsi que celui de tous ces objets, est veritablement remarquable.Chacune de ces plaques est d’un modele different, suivant l’emploi dupersonnage qui la porte ; le chambellan a des cadenas et des clefs; lesommelier, des coupes et des bois, et tout cela est si admirablementcisele, qu’un joaillier europeen pourrait a peine l’egaler.

» Ces objets sont, pour la plupart, travailles d’une fa§on delicateet variee, 3t les Ashantis semblent, sous ce rapport, avoir atteintune grando habilete dans la variete et la Finesse des modeles.

» En lehors de ces grandes plaques , qui contiennent chacuneplusieurs onces d’or, il y a des bonnets de fetiches ornes d’ouvragesen or rehausse, des manches de parasols en or, des batons de com-mandement, des lions grotesques pour des tetes de sceptres, des ma-choires, des femurs et des cränes d’or, et un certain nombre d’objetsdifficiles a decrire, mais qui jouent a coup sür un grand role dans lessuperstitions des Ashantis.

» II y a aussi une infinite de petits objets d’un grand cachet artis-tique. .Voici des bracelets d’un poids a fatiguer le bras, et d’autresd’une delicatesse inou'ie; des Colliers et des chaines, des pendants etdes broches, des anneaux d’une forme fantastique et tres elegante. Cequ’il y a de plus remarquable, c’est le talent d’imitation deploye parles bijoutiers ashantis. Tout ce qui leur tombait sous la main venantdes Europeens, leur paraissait etrange ou curieux et etait immedia-tement reproduit en or, qui, ä juger d’apres ce que nous avons vu,semble aussi abondant chez eux que le cuivre chez nous.