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Tome premier.
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L’ART DU JOAILLIER.

81S

tables restaurateurs de l’industrie de la taille des diamants en France .Leur usine de Paris , en effet, commencait ses operations en 1872,tandis que M. Reulina n’etablissait la sienne que l’annee suivante;de meme, les premiers creaient la taillerie de Saint-Genis en 1873, etcelle de Montbrillant en 1877, tandis que le dernier s’installait aSaint-Glande seulement en 1879, et plus tard encore ä Maligny.

Yoici notre rectification faite, et par surcroit, une question depriorite fixee. Ges questions de priorite sont toujours d’une delicatesseextreme, et avant de pouvoir nous y bien reconnaitre, celle-ci avait etele sujet d’une polemique assez aigre, dont Reffet immediat fut dedetourner notre attention; car on aura evidemment remarque avecquel soin nous ecartons les questions personnelles. Gelle-ci pourtantmeritait qu’on s’y arretät — ou qu’on y revint. Les directeurs des tail-leries de Saint-Genis et de Montbrillant, en nous demandant la rectifi-cation que nous venons de faire, le premier en des termes absolumentcourtois, ont rappele notre attention volontairement egaree sur unsujet peut-etre trop superficiellement traite : mais nous ne pouvonsaller au fond de toute chose, notre existence entiere n’y suffirait pas.

Nous avons deja etabli, notamment, que les diamants tailles queCharles le Temeraire sema sur le champ de bataille de Granson , enmars 1474, n’avaientpas attendu, comme on le croit, la decouverte de lataille suggeree par le hasard au Flamand Louis de Berquem en 1475ou 1476, et que, des le xiv e siede, une Corporation de tailleurs dediamants avait son siege a Paris , cul-de-sac de la Gorroierie, lequelouvrait, je crois, vers le milieu de la rue ßeaubourg. Les diamantairesparisiens , quoi qu’il en soit, etaient des artistes de talent et ils necesserent de jouir d’un grand renom aussi longtemps qu’ils purent yexercer librement leur art. Mais lors de la revocation de l’edit deNantes (17 octobre 1685), il se trouva que tous etaient d’abominablesheretiques, voues aux flammes infernales et terrestres, s’ils ne deguer-pissaient au plus vite. Ils se retirerent donc en Hollande, pays Protes-tant et de plus jouissant desormais du monopole de la taille desdiamants, c’est-a-dire le seul pays oü ils pussent vivre de leur travailet sans trahir leurs convictions religieuses.

La Hollande profita de l’occasion, et pendant pres de deux siecles,eile conserva ce monopole fructueux par tous les moyens possibles,par exemple en ecartant tout apprenti etranger et en faisant jurer lesecret aux apprentis indigenes sous les peines les plus terribles, commejadis on faisait aux verriers de Venise .

Aujourd’hui on taille le diamant en France , en Angleterre (ä Bir-