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LES ARTS ET METIERS ILLUSTRES.
an petit sac de filet de 0 m ,40 ä 0 m ,45 de profondeur, dont l’ouvertureest maintenue beante par un petit cerceau, est attache a son cou; ilest arme d’un couteau pour detacher au besoin l’huitre de laröche; ses oreilles et ses narines sont bouchees de coton, et uneeponge trempee d’huile est attachee ä son bras, pour qu’il puisse laporter a sa bouche au cas oü il eprouverait Ie besoin de reprendrerespiration, et eviter d’avaler de l’eau. Quelquefois un poids addi-tionnel de 4 a 5 kilogrammes est necessaire au plongeur; on le Iuiattache ä la ceinture, et le voici completement equipe pour sa dan-gereuse exploration. Alors il aspire fortement ahn d’emplir d’air sapoitrine et donne le signal: on lache la corde et il descend rapidementdans les profondeurs de la mer. Il peut rester sous l’eau de 50 a 75 se-condes, pas davantage, quoi qu’en aient dit quelques romanciersscientifiques. Gomme pour la descente, le plongeur donne unesecousse a la corde qtti Iui ceint la poitrine, quand il veut remonter.
» G’est un terrible metier, par exemple, que celui de pecheur deperles. La pression de l’eau, a quinze brasses de profondeur, la sus-. pension prolongee de la respiration produisent les plus grands desor-dres dans l’organisme. A peine hors de l’eau, le malheureux plongeurrend le sang par le nez et par la bouche, quelquefois meme par lesoreilles et les yeux. Un homme ne dure pas longtemps ä un pareilmetier. Les cheveux blanchissent, le regard s’eteint, les forces dispa-raissent, une vieillesse prematuree apparait et la mort suit de pres.Heureux encore le plongeur ä qui la rencontre inopinee d’une scie, oud’un requin — ou plutöt du goulu de mer, qui n’est pas tout a fait lerequin, mais qui n’en vaut guere mieux — n’a pas regle defmitive-ment tout compte avec cette triste vie!
» On ne s’etonnera pas, apres cela, que les malheureux voues desTage Ie plus tendre ä cette besogne, soient la proie de la plus grossiereSuperstition. Au moment de partir pour la peche, le plongeur duMalabar ou du Manaar ne manque pas d’aller trouver le charmeur derequins, ou Pillad Harras, lequel, moyennant finance, le garantira leplus complaisamment du monde — sinon le plus efficacement — contrela dent des monstres marins. Le credule pecheur a la plus grandeconfiance aux charmes du sorcier, observe scrupuleusement la con-duite qu’il Iui impose, et se ferait hacher plutöt que de se separer dutalisman qu’il lui a remis, — quelquefois des feuilles de neflier sau-vage maculees de signes cabalistiques. Gependant, s’il succombe mal-gre tout cela, ce qui n’arrive que trop souvent, le Pillad Harrasdemontre clair comme le jour, et sans la moindre hesitation, que c’est