860
LES ARTS ET METIERS ILLUSTRES.
et drachmes ou oboles sont tout ce qu’on voudra excepte rondes oufranchement carrees. Elles ne tarderent point, toutefois, a porterune empreinte differente sur chacune de leurs deux faces et a realiserd’autres progres importants : on a des specimens des monnaies dutemps d’Alexandre le Grand et meme de son pere Philippe, qui sontdeja d’un travail vraiment remarquable.
La monnaie d’argent des Juifs (ils ne paraissent pas avoir eu demonnaie d’or avant le temps de David) a une origine beaucoup plusancienne; mais il n’est question de la frappe de leurs sicles d’argent,au moyen de vrais coins monetaires, qu’ä l’epoque de la captivite deBabylone , c’est-a-dire au vi e siede.
Nous n’insisterons pas sur l’histoire des monnaies anciennes; carce serait une entreprise disproportionnee, pour ne rien dire de plus,qu’une etude sur l’origine des monnaies dans un simple chapitre traitantmodestement des moyens pratiques employes a leur fabrication. Di-sons toutefois que malgre l’exemple des Gaulois , qui fabriquaient desla plus haute antiquite des monnaies d’or et d’argent empreintes defigures diverses, les Francs , serviles imitateurs des Romains toutesles fois qu’ils voulaient sortir de leur sauvagerie native, n’eurent quedes monnaies grossierement fabriquees, a raison des coins graves äcoups de piocbe qui servaient ä leur frappe, jusqu’au regne deCharlemagne. A cette epoque de progres general, par exemple, lafrappe des monnaies suivit le mouvement, grace aux perfectionnementsrealises dans l’art de la gravure et dont on fit profiter les coins mone-taires.
Ge Systeme de la frappe des monnaies au marteau subsista jusquevers la fin du xvi e siede, avec des perfectionnements graduels de purdetail. Yoici, du reste, la maniere dont on operait alors.
L’alliage prepare et mis en fusion, on le coulait sur des tables defer creusees de cannelures oü le refroidissement le transformait enbarres propres ä etre forgees. Lorsque ces barres avaient pris sur l’en-clume la forme de lames d’epaisseur et de largeur convenables, oncoupait ces lames en petits morceaux carres, qu’on faisait recuire etqui etaient ensuite arrondis au moyen de cisailles a main : des femmesetaient generalement chargees de cette besogne. Des ajusteurs s’em-paraient alors de ces flans, qu’ils reduisaient, a coups de lime, aupoids reglementaire, sauf la tolerance legale en plus ou en moins dontils profitaient, comme il est juste, tandis que les disques reconnustrop-lourds ou trop legers etaient impitoyablement renvoyes a la fonte.Ainsi prepares, les flans passaient ä l’atelier de la frappe, ou ils