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LES ARTS ET METIERS ILLUSTRfiS.
INTRODUCTION DES PROCEDES MECANIQUES. — Quoi qu’il en soit,cette methode ne donnait que des monnaies peu regulieres. — En1553, les flans, au lieu d’etre forges et decoupes äla mainfurent passesau laminoir, invention d’AubryOllivier, decoupes a l’emporte-piece oudecoupoir mecanique et frappes au balancier, egalement du au memeinventeur, perfectionne ensuite par Pierre Blondeau, et enfin parNicolas Briot , graveur ou tailleur general des monnaies sous LouisXIII.Des lors la fabrication au marteau fut remplacee par la fabricationau moulin, et nous n’avons pas besoin de dire que ce fut au grandavantage de la perfection des monnaies; mais eile ne le fut pas d’unemaniere definitive. La Corporation des monnayeurs, hostile ä l’intro-duction des machines, s’opposa avec obstination a l’adoption de cellesque proposait Briot, qui finit par se decourager et passa en Angle-terre, oü il fut accueilli avec honneur par Charles I “, tandis qu’onpoursuivait en France le monnayage au marteau.
Briot fit, en 1616 et 1617, des experiences avec son balancierperfectionne, par lesquelles il demontra qu’il pouvait faire aisement,avec le secours de cette machine, la besogne de dix ouvriers travail-lant au marteau, et une besogne beaucoup meilleure ; mais ce fut envain, ou plutöt ce fut justement cette demonstration, je crois, qui fitrepousser ses propositions. — Mais il parait y avoir ici quelque con-fusion. Un des temoins d’une des experiences de Briot executees en1617, Henri Poullain, raconte que la machine dont il se servit danscette occasion etait composee de deux quarts de cercle graves et etaitmanceuvree ä la facon d’un laminoir, pour imprimer les monnaies :c’etait donc une sorte de presse ; il n’est pas possible, en tout cas, deconfondre une semblable machine avec un balancier.
Il n’en est pas moins certain, bien entendu, que c’estle balancier quiparuten 1553 et dont l’adoptionproduisitdans la fabrication des mon-naies les excellents resultats que nous avons constates; malheureuse-ment, il futproscrit vers 1585, par un edit royal faisant enfin droit auxreclamations incessantes des monnayeurs; et c’est pour provoquer unretour ä la fabrication micanique, sinon rigoureusement ä l’emploi dubalancier, que Briot s’epuisait, trente ans plus tard encore, en demarcheset en demonstrations publiques aussi vaines les unes que les autres.Nous devons encore ajouter que c’est egalement le balancier queNicolas Briot emporta ä Londres , en 1628. Cette machine, qui a regude nombreux perfectionnements en Angleterre, dus notamment auxcelebres mecaniciens Boulton et Watt, qui etablirent, en 1788, lebalancier ä vapeur, est toujours en usage ä la Monnaie de Londres