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LES ARTS ET METIERS ILLUSTRES.
on y parvient: On prend an sac en forme de long boyau, dans lequelon introduit ces objets en compagnie de grenaille de cuivre mouilleed’eau vinaigree; on attache ce sac par un bout a un point fixe, ettenant l’autre bout dans la mäin, on communique ä son contenu unmouvement de va-et-vient rapide pendant lequel la grenaille, frottantsur les surfaces dorees, les gratte, les nettoie et les polit. II reste ärincer ä l’eau pure et'a secher ä la sciure de bois tendre chauffee.
L’operation que nous venons de ’ decrire est une variete dugratte-b oessage , et nous en verrons d’autres. La dorure des piecesainsi traitees est d’un beau jaune brillant; on peilt l’obtenir d’unenuance rouge en versant sur ces pieces, au moment oü elles se trou-vent exposees a l’action du feu, dans une passoire, afin de provoquerla volatilisation du mercure, une composition formee des matieressuivantes : huile de lin et cire jaune, de chaque 25 parties; acetatede cuivre, 10 parties; ocre rouge, 40 parties. ün agite vivement lesobjets dores regales de cette composition, qui s’enflamme bientot etqu’on laisse tranquillement se consumer; apres quoi on plonge dansTeau acidulee le contenu de la passoire, que Ton traite ensuite commeil a ete dit precedemment pour la dorure jaune.
La dorure au mercure s’applique egalement a des pieces debronze sortant de la fonte, par les meines moyens appropries seule-ment a Timportance des pieces. Mais il n’est pas necessaire que nousentrions dans de plus longs details a propos d’un art que son insalu-brite a fait abandonner dans la mesure du possible des la decouvertede la dorure au trempe, et presque completement depuis que la doruregalvanique a subi des perfectionnements suffisants.
Les vapeurs mercurielles au milieu desquelles les Ouvriers doreurstravaillaient constamment, avaient sur leur sante les plus desastreuxeffets. L’intoxication qu’ils subissaient se manifestait pär un tremble-ment caracteristique, qui a recu le nom de tremblement mercuriel , etdont la violence afiait parfois jusqu’a les rendre incapables de porterles aliments a leur boucbe; une salivation abondante, le dechausse-ment et la chute des dents, la perte de la memoire, la paralysie de lalangue, etc.; a la longue, l’action du mercure produisait un ramollis-sement des os, et la mort, une mort cruelle, venait bientot mettre unterme a leurs souffrances. De bonne heure, le triste sort des ouvriersdoreurs avait attire 1’attention des philanthropes et des savants ; desprix furent proposes par l’Academie des Sciences a quiconque par-viendrait a y apporter quelque amelioration, dont le premier, crovons-nous, fut decerne en 1783. Mais tous les cöncurrents se debattaient