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Tome premier.
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ä fixer d’une maniere precise les me-sures itineraires employees par les ar-penteurs de ce prince, et il est bienreconnu aujourd’liui que les anciens seservaient de stades de differentes gran-deurs.

Cinq cents cavaliers, chacun d’euxayant un soldat cn croupe, parcournrentun espace de quatre cenls stades, suivantArrien, dans une partie d’un jour et unenuit enlieit, En employant le stade py-tbique de Cent vingt-cinq toises, ce dc-tachcment de cavalerie aurait fait vingtHeues, chacune evaluee ä deux millecinq Cents toises; cequi est impossible.Si, au contraire, on se seit du stadereconnu par d’Anville pour etredecin-quante et une toises, dans toutes lesmarches d’Alexandre, ces vingt Heuesse trouvenl reduites ä huit environ , etle fait devient tres-vraisemblable.

Les Macedoniens, poursuivan* Sati-barzane dans sa retraite, firent en deuxjours six cenls stades, evalues, par lecalcul ordinaire, ä trente Heues, lls enauraient doncfait quinze par jour, aulieu de six environ que donne le stadefixe par d’Anville. Alexandre marchantä Mavacanda, pour en chasser Spita-meue, parcourt quinze Cents stades entrois jours.Le stadepythique fournit uneevaluation de soixante-quinze Heues,qui, par lc stade de cinquante et unetoises, se trouvent reduites ä trente en-viron. On pourrait ciler un plus grandnotnbrc d’cxemples.

Au reste, la marche du jeune Cyrus,et celle des Dix Mille, decrites aveccxactitude par Xenophon, demonlrcnlque les historiens d’Alexandre ont etefaussement laxes d’exageration. E11 al-lant ä Cuxana, les troupes de Cyrus fai-saienl ordinairement cinq parasangespar campement, et quelquefois davan-tage ; ainsi, lorsqu’elles traverserent laLydio pour armer au lleuve Mtoandrc,

eiles firent trois campemens, et vingt-dettx parasanges, c’est-ä-dire sept para-sanges et plus d’un liers par campe-ment. Ces troupes, partant d’Iconium,ville de Phrygie, firent encore trente pa-rasanges en cinq marches ou campe-mens ; dirigeant leur route ä la gauchedel’Euphrate, cinq campemens ettrente-cinq parasanges. II faut necessairementobserver que l’armee de Cyrus etaitcomposee, en grande partie, d’infanteriepesante, et que ses nombreux equipagesdevaient l’embarrasser beaucoup.

Les marches des Dix Mille, apres labataille de Cunaxa, ne furent pas moinsaccelerees. Quelquefois eiles sont cour-tes, ä cause de la difficulte des che-mins. On en trouve cependant une tres-longue dans le pays des Taoques, oül’armee fit, en cinq campemens, trenteparasanges. Sa marche ä travers la pro-vince des Chalybes, qui harcelaientcontinuellemenl les Grecs, presente en-core cinquante parasanges en sept cam-pemens.

Xenophon, selon d’Anville, emploiedes parasanges 6 valuees chacune ä deuxmille deux cent soixante-huit toises,qui, fraction retranchee , donnent qua-rante-cinq stades par paransage.Les DixMille auraient donc fait, par campe-ment, deux cent vingt-six, deux centsoixante-douze, trois cent dix-sept, etjusqu’a trois cent soixante-dix stades;et leurs marches egalent, par conse-qucnt, les plus longues de l’armeed’Alexandre.

Les Dix Mille ont souvent fait plu-sieurs campemens sans sejourner. Ilsreussirent meine un instant, par leursmarches forcees , ä se meltre hors de laportee de l’ennemi, lorsqu’apres le pas-sage du Centrite, la cavalerie persanen’osa pas s’engager dans les montagnesdes Carduques. Les Macedoniens les ontitnitfe en pluaieu» circonstancea, et l’on