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THUCYDIDE
qui a mis en vous toutes ses esperances,par Jupiter Olympien, dans l’hieron dequi nous paraissons en supplians, de-venez allies des Mityleniens. Armez-vous pour leur defense, et ne nous aban-donnez pas, nous qui, en defendanlune cause qui nous est personnelle, of-frons ü tous, en cas de succes, un avan-lage commun, et qui causons ä tousun dommage general, si nous devonssuccomber pour n’avoir pu vous per-suader. Soyez tels enfm que les Hel-lenes vous su pposent, et que nos craintesnous font desirer que vous soyez. »
Ciiap. 15. Voilä ce que direnl lesMityleniens. Les Lacedemoniens et lesallies, apres les avoir enlendus, goüle-rent leurs raisons, et regurent les Les-biens dans leur alliance. liesolus d’en-trer dans l’Attique, ils engagerent lesallies qui etaient presens ä se rendredans Tislhme le plus tot possible, aveclcsdeuxtiers de leurs forces. Eux-memesy arriverenl les premiers, et voulant queleur invasion eül lieu ä la fois par terreet par mer, ils preparerent dans l’isthmelestraineaux qui devaient servir ä trans-porter les vaisseaux de Corinlbe ä lamer d’Athenes. Ils lirent ces dispositionsavec celerite; mais les autres allies se.rassemblerent lentement, occupes deleurs moissons, et d’ailleurs faliguesde la guerre.
Chap.16. LesAtbeniens,sachant quec’etait par mepris pour leur faiblessequ’on se preparait ä les attaquer, vou-lurent montier qu’on avait mal juge,el que, sans louclier ä leur flotte deLesbos, ils pouvaient se defendreaise-ment contre celle qui venait du Pelo-ponnese. Ils equiperenl cent vaisseaux,qu ils monieren! eux-mömes, tarn ci-toyens que mdteques, excepte les Che-valiers et ceux qui avaient cinq centsmedimnes de revenu. Ils cötoyerentI isthrne, faisant montre de leurs forces,
LIV. III.
et operant dans le Peloponnese des des-centes partout oü ils voulaienl. Les La-cedemoniens, ä ce spectacle inaltendu,crurent que les Lesbiens leur avaientfait un rapport infidele, et se trouverentdans une- Situation d’autant plus cri-tique, que leurs allies ne paraissaientpas et qu’ils apprenaient que les trenlevaisseaux d’Alhenes, parcourant leseötes du Peloponnese, ravageaient lesterres de leurs perieces. Ils s’en rclour-nerent chez eux, et appareillerent uneflotte pour l’envoyer ä Lesbos; puis ilsordonnerent aux villes de contribuerpour quaranle vaisseaux, et nommerentAlcidas commandant de cette expedi-tion. La relraite des Lacedemoniens de-cida celle des Alheniens.
Ghap. 17. Dans le temps que cesvaisseaux tenaient la mer, les Alba-niens en avaient un tres-grand nombrequi reunissaient, ä la beaule de l’ap-pareil, la rapidite des manoeuvres; maisleur marine n’avait pas ete moins nom-breuse, ou plutöt eile l’avait encore etedavantage au commencement de laguerre. En effet, cent vaisseaux gar-daient l’Attique, l’Eubeeet Salamine;cent autres infestaient les eötes du Pelo-ponnese , sans compter ceux qui etaientdevant Potidee et ailleurs. Aussi, dansun seul ete, ils n’eurent pas en mermoins de deux cent cinquante bäli-mens. Apres les depenses du siege dePotidee, rien ne causa tant de frais.Les hopliles en garnison devant cetteplace recevaienl par jour deux drachmeschacun, l’une pour lui-meme, l’autrepour son valet. Ils avaient ete troismille au commencement du siege, etjarnais ils ne furent en moindre nombretant qu’il dura, sans compter les seizecents que Phormion avait avec lui, etqui se retirerent avant la reddition dela place. Tous les vaisseaux recevaientla meme paye. Tels furent et les de»