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THUCYDIDE
hommes peu occupös de leur defense,du cote de la mer surtout, oü ils nes’nitendent pas ä voir paraitre un en-nerni, et oft, dans ce moment, nousdeployons l’appareil le plus formida-ble. Sans doute aussi les troupes sontimprudemment dispersees dans lesmaisons, comme aux premiers mo-mens de la vicloire. Si donc nous nousdecidons ä tomber sur eux brusque-ment et de nuit, j’espere que, avec lesecours de ee qui peut nous 6tre reslefidele, nous prendrons la place. Hasar-dons cette tentative, bien convaincusqu’ä la guerrc le grand art est de savoirtout ä la fois se mettre en garde contrel’ennemi et surprendrc l’endroit faiblepar oü on peut l’attaqucr : voilä ce quidonne les succes. »
Ciiap. 31. Malgre la sagesse de cesrepresentations, il ne put amener Al-cidas ä son avis. Des exiles d’Ionie etles Lcsbiens qui etaient sur la Hotte luiconseillerent, puisqu’on craignait derisquer celie expedition , de prendrequelque ville de 1 Ionie, ou Cume enJitolie, qui serait un poinl de departpourexciter l’Ionieä la defection; qu’ily avait espoir de reussir, puisque eux,exiles, etaient venus ä son nrmee Sanscontrarier aucun de leurs concitoyens;que si dans cette expedition secrele ilsenlevaient aux Atheniens une sourceimmense de revenus, si en mente tempsils forcaient ä leur opposer une Stationnavale, ils les entraineraient dans defortes depenses; qu’ils esperaient enga-ger Pissuthnes ä joindre ses armes auxleurs. Alcidas ne se rangea pas non plusä. cet avis : il brülait de regagner auplus tot le Peloponnese, puisqu’on etaitarrive trop tard ä Mitylene.
Ciiap. 32. 11 partit d’Embate, et,ayantreläche ä Myonese,chcz lesTeieus,il mit a morl la plupart des prisonniersqu’il avait fa its dans son trajet: il aborda
, I.IV. III.
ensuite ä fiphese, oü des deputes sa«miens de cltez les Aneens, vinrent luircpresenter que ce n’etait pas agir cnvrai liberateur de 1’IIellade, que d’e-gorger des malheurcux qu’on n’availpoint pris les armes ä la main, qui n e-taient pas cnncmis, mais qui se trou-vaient par necessite allies d’Athencs;que s’il ne changeait pas de conduite,il se ferait peu d’amis parmi sesenne-mis, et reduirait un plus grand nombred’amis ä passer dans les rangs opposes,II sentit la justesse de ces reproches, etmit en liberle tout ce qu’il avait de cap-lifs de Chios et certains personnagesd’aulres lieux. Car, ä la vue des vais-seaux d’Alcidas, les vaisseaux ennemis,au lieu de fuir, etaient venus le joindre,croyant voir une flotte athenienne. Onetait loin de penser que jamais, tantque les Atheniens auraient l’empiredela mer, des waisseaux du Peloponneseapprocberaient de r’Ionie.
Ciiap. 35. Alcidas quittaprßcipilam-meni Epbese et prit la fuite : en eilet,mouillant encore devant Claros, il avaitetd aperfu de la Salantienne et du Para-lus, qui venait d’Athenes. Dans lacrainle d’elre poursuivi, il lint la hautemer, resolu de ne prendre terre volon-tairement que dans le Peloponnese. Pa-cbes et les Atheniens rerairent ces nou-velles d’abord de rßrytlirdc, et bientötde toutes parts. L’Ionie n’elant pas for-tifiee, on craignait que les Pdloponnö*siens, meme sans intention d’abord des’arreter, ne se decidassent, en rasantles coles, ä fondre sur lesvilles etä lessaccager. La Salamienne et le Paralusayant annonce qu’ils avaient vu eux-mßmes Alcidas ä Claros, Paches sedecide aussilöt ä le poursuivre : il l ßpoursuit jusqu’ä l’ile deLatmos; puis,rcconnaissant l’impossibilite de 1 ’attein-dre, il rebroussecliemin. N’ayant pu lejoindre en pleine mer, il se fölicitait de