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Tome premier.
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TIILCYDIDE, LIV. III.

gloire de bien dire joindraient I’avan-tage d’ötre bien payes. L’induigence!

incme peine ä ceux de vos allies qui yousabandonnent, contraints par vos enne-mis, et ä ceux qui, d’eux-mcmes, scsoulevent conlre vous, qui ne saisira pasle plus leger pretexte pour vous trahir,des que la liberle sera le prix du succes,et qu’on pourra succomber sans rienavoir de fächeux ä craindre, tandis quenous, Atheniens, nous aurons ä exposernos vies et nos fortunes contre chaqueville! Yainqueurs, nous recouvreronsune ville luinee, etnousserons privespour la suite de revenus aliment de no-tre puissance; vaincus, nous aurons denouveaux ennemis, et le temps qu’ilfaudrait employer ä nous defendre con-tre les nations rivales, nous le consume-rons ä combattre nos propres allies.

Chap. 40. « II nc laut donc pas lais-ser aux rebelles l’espoir de se procurerl’impunite par d’eloquens discours, oude l’acheter ä prix d’argent, corame s’ilsn’avaient ä se reprocher que de ces fai-blesses attachees ä l’humanite. Ce n’estpas involontairement qu’ils nous ontoffenses; c’est avec reflexion qu’ils onttrameleurscomplots. Or, les faules in-volontaires sont seules excusables. J’ai■dejä soutenu, et je soutiens encore, quevous ne devez pas revenir sur volre de-cret, et commettre ainsi une faute resul-tat trop commun de la pitie, des seduc-tions de l’eloquence et d’une indulgenceexcessive, trois ecueils oü vient se brisertoule dominalion. Lacompassion! Vousla devez ä des hommes qui y seraientaccessibles ainsi que nous, et non ä ceuxqui, ä leur tour, n’auraient de nous au-cune pitie, et qui necessairement serontä jamais nos ennemis. L’eloquence! Lesorateurs qui se plaisent ä Halter vosoreilles trouveront ä s’exercer dans desoccasions moins serieuses, sans profiterd’une circonstance oü, pour le plaisird’un moment, l’etat souffrirait un granddommage, tandis qu’oux-memes ä la

Employez-la quand eile servira ä rame-ner des coupables et a regagner leuramitie; mais vous n’endevez aucuneädes hommes donl la haine, toujours vi-vanle, serait toujours inflexible. Pourme resumer en peu de mots, je dis que,si vous m’en croyez, vous ferez justicedes Mityleniens, et cc sera agir selon \osinterets. En suivant un avis contraire,vous n’obtiendrez pas leur reconnais-sance, el ce sera contre vous-memes quevous prononcerez; car, si leur defeciionest legitime, votre domination est in-juste. Que si, füt-ce meme contre toutejustice, vous pretendez les lenir asservis,il faul aussi, contre la justice, mais pourvos interets, les punir, ou bien renoncera la preeminence, et des lors, ä l’abridetout danger, respecter les principes etfaire les gens de bien. Decidez-vousdoncä les traiter comme ils vous auraienttraites vous-memes, et ne vous monlrezpas, vous qui venez d’echapper ä lernperfidie, moins impitoyables que ceuxqui conspiraient votre perle. Pensezäeequ’ils eussent fait, vainqueurs, surtoutayant ete les premiers ä violer la justiceenvers nous. Ceux qui outragent sansmotifvont toujours le plus loin possible;ils poursuivent jusqu’ä la mort, et nefont aucune gräce, parce que leurs yet»soupgonneux et inquiels voient le dangerde laisser vi vre l’ennemi. En effet, ceiuiqui re^oit une oöense qu’il n’avait pointprovoquee, lorsqu’il a echappe au peril,est plus implacable envers son injusleagresseur qu’il ne le serait contre unennemi declare et loyal. Ne vous trahis-sez donc pas vous-memes. Vous, .en esprit le plus pres possible des tour-mens qu’ils vous preparaient, rende*-leur aujourd’hui tout le mal qu’ils vousauraient fait, et poursuivez leur chäli-ment avec autanl d’ardeur que vous «