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Tome premier.
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THUCVDIDE

Chap. 51. Le möme öle, apres la re-duction de cette ile, lesAlheniens, sousle commandement de Nicias, fds de Ni-cerafus, attaquerent Minoa, ile situeeen avant de Megäre. Les Megariens yavaient construit unetour, et ce lieuleurservait de fort. Nicias voulait y etablir,pour les Alheniens, un postequi seraitmoins eloigne queBoudore etSalamine;empecher les Peloponnesiens de s’enfaire un point secret de depart pourcourir la mer, et d’expedier, comme ilsl’avaient dejä fait, des triremes et desbätimens montes par des pirates : ilvoulait enfin empecher toute especed’impovtation ä Megäre. D’abord ilbatlit, du cöte de la mer, avec des ma-chines, et emporta deux tours avanceesdu port de Nisee; il rendit libre le pas-sage entre l’ile et ce port; et, par desfortificalions, ferma les abords du cötede la terre ferme, par oü l’on pouvaitporter du secours ä cette ile, au moyend’un pont jete sur un marecage : carMinoa esltres-peu distantedu continent.Ces operations terminees en peu dejours, il fortifia aussi l’ile, y laissa gar-nison, et s’en retourna avec son armee.

Chap. 52. Vers le meme temps, lesPlaleens, manquant de vivres, et nepouvant plus soutenir le siege, entrerenten composilion avec les Peloponnesiens.Ceux-ci avaient livrö un assaut que lesassieges n’avaient pas eu la force de re-pousser: mais le general lacedemonien,quoique instruit de leur faiblessc, nevoulait pas prendrela place de vive force;il en avait möme re$u la defense ex-presse, afin que, si, la paix venant unjour ä se conclure, on stipulait dans letraite que depart et d’autreon se ren-drait les villesconquises , Sparte ne fütpas dans le cas de restituer Platee, quise serait volontairement rendue. Il en-Wya doncun herauf leur demander s’ilssonscntaicnta se remettre d’eux-mömes

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entre les mains des Lacedemoniens, et äles prendre pour juges, avec promessequ’alors on punirait les coupables seuls,mais qu’on n’en condamnerait aucunque dans les formes juridiques. Reduitsaux dernieres extremites, ces malheu-reuxouvrirent leurs portes, et pendantquelques jours on leur fournit des vi-vres, jusqu’ä l’arrivöe des cinq jugesdeputes de Lacedemone. Ils comparais-sent. Sans proposer aucun chef d’accu-sation, on se bornait ä leur adressercette unique queslion: « Dans le coursde la guerre, avez-vous rendu des Ser-vices aux Lacedemoniens et ä leurs al-lies? »Ils prierent qu’on leur permit des’etendre sur leur justification, et char-gerent de leur cause Astymaque, filsd’Asopolaüs, et Lacon, fds d’Emneste,qui jouissait ä Sparte du droit publicd’hospitalitö. L’un d’eux, s’avan^ant,prononca ce discours:

Chap. 53. « Lorsquc, pleinsdecon-fiance en vous, Lacedemoniens, nousvousavons livre notre ville, loin de nousallendre ä la forme du jugemenl quevous nous faites subir, nous esperionsqu’elle serait plus tutelaire; et si nousvousavons, ä l’exclusion de tousautres,acceptes pour juges, c’est que nousölions persuadös que nous n’avions pasde plus sür moyen d’oblenir un arrötconformeäl’equite. Mais nouscraignonsbien aujourd’hui de nous voir de^usdans l’une et l’autre opinion. N’avons-nous pas lieu en effet de redouter et lesplus grands dangers pour nos personnes,et beaucoup de partialite de votre pari ?Ce qui semble ne justifier que trop nossoup^ons,c’est qu’on n’a pas commcncöpav oroduire des accusations que nouseussions ä dötruire; nous avons, au con-traire, ete reduits ä demander commeune gräce, qu’il nous füt permis de par-ier. Une courte Interpellation nous estadressce : si notre reponse est vraie,