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Tome premier.
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nous sommes perdus; si eile est fausse,on peut aisement nous convaincre demensonge. Presses donc de toutes parts,nous sommes obliges de prendre la voiela plus süre, et de hasarder au moinsquelques mots pour nous justifier: car,dans nolre Situation actuelle, si nousgardions le silence, on pourrait nousreprocher d’avoir neglige un moyen desalut. A ces difficultes de notre positionsejointencore ladifficultede persuader.Si nous elions inconnus les uns aux au-tres, nous croirions servir notre causeen alleguant en notre faveur des faitsignores de vous, mais nous parlons de-vant desjuges parfaitement instruits, etnous craignons, non que vous ayez re-connu d’avance que nos Services ne sontpas proportionnes aux vötres, et quevous ne fondiez lä-dessus notre con-damnation, mais que, nous sacrifiantä autrui, vous ne nous soumettiez äun jugement dejä prononce.

Cu ap. 54 . « Nous n’en proposeronspas moins nos legitimes moyens de de-fense, soit relativement ä nos demelesavec les Thebains, soit par rapport ävous et aux aulres Ilellenes; et noustenlerons de vousflechir en vous rappe-lant le Souvenir de nos Services. A cetlecourteinterrogalion : Avez-vous, dans laguerre presente, rendu des Services auxLacedemoniens et aux allies? voici nolrerdiponse: Si vousnousinterrogezcommeennemis, nous n’avons pas el6 injustesen ne vous faisant pas de bien. Si c’estcomme arnis, nous repondons : C’estvous plulöl qui etes coupables, vousqui nous avez apporte la guerre. Pournous, et pendant la paix, et dans laguerre contre les Medes, nous noussommes montres irreprochables. Pen-dant la paix, parce que nous ne l’avonsjias violee les premiers; dans la guerrecontre les Medes, seuls entre les Beo-tiens, nous vous avons aidfe ä les re-

, uv. III.

pousser pour affranchir l’Hellade. Quoi-que habitansdu continent, nous avonscombaltu sur mer ä 1’Ariernisium; nousßtions avec vous et Pausanias ä la ba-taille qui s’est livree surnotre territoirc.Queis perils ont alors courus les Helle-nes, que nous n’ayons partages au-delämeme de nos forces! Vous-memes, 6Lacedemoniens, vous-memes, en parti-culier, rappelez-vous l’effroi de Sparte,lorsque, apres le tremblement de lene,les Ililotes revolles se jeterent dansIthome : le liers de nos citoyens ne vo-la-t-il pasä votresecours? Serait-il justed’oublier ces Services.

Ciiap. 55. « Tels nous nous monträ-mes dans les plus anciennes et les plusimportantes circonstances. Nous som-mes depuis devenus vos ennemis; maisJa faute n’en est-elle pas ä vous seuls?Insultes par les Thebains, nous sollici-tämes votre alliance, et notre demandefut repoussee. Vous eliez, disiez-vous,trop loin de nous, et vous-memes nousconseillätes de nous adresser aux Athe-niens, dont nous etions plus proches.Quoi qu’il en soit, vous n’avez ni n’au-riez eprouve de notre part aucune of-fense dans cetle guerre. Si, dans lasuite, nous n’avons pas voulu, sur votreordre, abandonner les Atheniens, nousn’avons point en cela blesse la justice.Les Atheniens, en effet, nous secou-raient contre Thebes lorsque vous hesi-tiez ä nous defendre. II ne nous conve-nait plus de les trahir, eux qui nousavaient combles de bienfaits, euxqu’a-vec d’instantes prieres nous avions at-tires comme allies dans notre ville, euxqui dans la leur nous accordaient ledroit de bourgeoisie. Leur obeir fidele-ment etait nolre devoir. Sur le fondmeme des choses commandees, et parvous et par eux ä vos allies respectifs,il laut accuser, non ceux qui se mon-traient dociles ä des ordres injustes,