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Tome premier.
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218 THUCYDTDE

de livrer notrc ville, il fallait mourir defaim; nous l’avons ouverlc, et un arretde mort nous altend. Nous sommes re-pousses de tous cötes, seuls, sans se-cours; nous Plateens, si zeles pour cettecause de toute l’Hellade, que nous sou-tinmes par des efforts au-dessus de nosforces. Et aucun de nos anciens alliesne se leve pour notre defense ! Et vous,Lacedemoniens, vous notve unique re-fuge, nous sommes reduits ä craindrede ne pas trouver aupres de vous uneprotection assuree!

Chap. 58. « Cependant nous vousconjurons, ct par les dieux, lemoins denos premiers traites, et en memoire ducourage que nous deployämes alors pourle salut des Ilellenes, de vous laisserflöcliir, et d’abjurer des sentimens quevous auraient suggeres les Thebains. Enechange de vos bienfaits, demandez-leur, comme un present, de ne pointexigcr la mort de ceux qu’il ne vousconvient pas de condamner, A un gagehonteux de reconnaissance, substiluezun gage plus digne de vous, et ne don-nez pas ä d’autres le plaisir d’une ven-geance dont vous ne vous reservericz quel’infamie.Un instant sufütpourdetruirenos corps; mais la lache de ce meurtrc,l’effacerez-vous en un momcnl? Ce nesont pas des ennemis qu’cn nos person-ncs vous puniriez avec justice, mais desamis cntraincs ä la gucrrc par necessite.Songez que si vous nous lenez en votrcpuissance, c’est parce que nous noussommes rendus volontairement, entendant vers vous des mains supplian-tes, sous la sauve-garde d’une loi sa~cree, laquclle defend de donncr la mortä de tels prisonniers; et surtout n’ou-bliez pas que, dans tous les tcmps,nous fumes vos bienfaiteurs. Jetez les |yeux sur les sepulcres de vos peres, qui,tombes sous lefer des Müdes, sont en-sevelis dans nos campagwcs, et ä qui, i

, UV. III.

| chaque annee, nous apportons des vötc-! mens et autres offrandes reglees par lestois : les premices de toutes nos pro-ductions leur etaient consacrees; amis,compagnons, nous offrions ä des amis,ä d’anciens compagnons d’armes lesfruits d’une terrc amie. Quel contrasleentre votre conduite et la nötre, si vousprononcez un jugement inique! Icimeme Pausanias les a inhumes, per-suade, nous le repetons, qu’il con-fiait ce depöt ä des amis et ä une terreamie. Mais vous, si vous nous massa-crez, si vous faites du territoirede Pla-tee un camp tbebain, n’esl-ce pas aban-donner vos peres, vos parens, dans unpays bostile, ä la merci mfirne de leursmeurtriers, et desonnais les priver deshonneurs qu’ils rctjoivent aujourd’bui?Je dis plus : cette meine terre, quivittriomplier la liberte hellenique, vous lareduiriez donc en esclavage! Les hie-rons ou les sauveurs de l’llellade im-plorerenl les dieux en allant ä la vic-toire, seraient par vous rendus deserls;et par vous seraient abolis les saerificessolenneis de la patrie, instilues par lesfondateurs de ces hierons!

Chap. 59. « Non, Lacedemoniens, aunom de votrc gloire, ne vous jiortez pasä de pareils exces; ne manquez pas enmeine temps ä ce que vous devez, et auxinstilulions publiques des Hellenes, etä vos ancetrcs; ne nous sacrifiez pas,nous, vos bienfaiteurs, pour une que-relle etrangere, et sans avoir eie provo-cjues par la plus legere injure. Ce qui estdigne de vous, c’esl de nous epargner,de vous laisser toucher, d’ouvrir vosämes ä la pilie. Considerez, non passeulement l’atrocite de notre suppliceen lui-meme, maisquellesvictimes vousimmolerez en nos personnes; songezcombien est mobile la balance de la for-lune, combien il est incertain sur quiI eile Icra, menre injustement, tomberses