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Tome premier.
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THUCYDIDE

sermens qui vous liörent jadis avec La-cedemone, ne vous en faites pas un bou-clier conlre le danger present. Vous lesavez violes ces sermens, et, par suite decette infraction, vous avez contribue äl’asservissement des Cgineles et de plu-sieurs autres allies quc vous deviez de-fcndre. Et ce n’etait point contre votregre, puisque, regis par ces mernes loisqui vous regissent encore, vous n’eliezpas contraints comme nous l’avons ete.La derniere sommation qu’avant le siegeon vous fit de rester en paix et d’obser-ver la neutralite, vous l’avez rejelee.Qui donc plus que vous merite la hainede tous les Ilellenes, vous qui avez faitservir votre valeur ä leur perte? Cequ’ily a de louable dans votre conduile nevous appartient pas, vous venez de ledemontier; ce qui est propre ä votrenature, ce que vous avez constammentvoulu, les faits l’ont revele; car vousn’avez suivi les Allieniens que parcequ’ils marcbaient dans la route de l’ini-quite. Nous en avons dit assez pourmettre au grand jour ce que furent etnotre adhesion forcee au parli des Medes,et votre devouement bien volonlaireä lacause d’Athenes.

Chap. 65. « Quant au dernier repro-che que vous nous adressez, celui devous avoir attaques au sein de la paixet dans la solennite d’une hieromenie,nous ne croyons pas, en cela meine,avoir 6te plus coupables que vous. Si, denotre propre mouvement, nous somrnesvenus en ennemis attaqucr votre ville etdevaster vos champs, notre conduile estdigne de bläme; mais si les Plateensfes plus distingues par la fortune et lanaissance, voulant vous detacher d’unealliance etrangere et vous reunir sousles antiques lois communes ä tous lesBeotiens, nous ont appeles librement,que peut-on nous reprocher? Des insli-ßMeurs ne sont-ils pas plus coupables

, LIY. III.que ceux qui les suivent? Mais, ä notreavis, il n’y eut de crime ni de leur partni de la notre. Citoyens ainsi que vous,et ayant plus ä risquer, ils nous ontouvert les portes, ils nous ont regus dansla ville ä titre d’amis, et non commeennemis; voulant que parmi vous lesmechans ne pussent se porter ä de plusgrands exces, et que les bons obtinssentle sort qu’ils meritaient. Sages mode-rateurs des esprits, ils ne privaient laville d’aucun citoyen; ils la reconci-liaient ä ceux qui lui etaient unis par lelien d’une origine commune; et, sansvous rendre ennemis de personne, ilsvous assuraient l’amitie de tous.

Ciiap. 66. « La preuve que nous n’a-gissions pas en ennemis, c’est que, sansmaltraiter qui que ce füt, nous avonsinvile ä se joindre ä nous tous ceuxqui voudraient se gouverner suivant lesantiques institutions de toute la Beo-tie. Vous y adherez en apparence debonne gräce, vous entrez en accord;vous restez d’abord tranquilles : maisbienlöt, vous apercevant de notre pelitnombre, loin d’imiter notre modera-tion, en vous abstenant de voies de fait,en recourant ä la persuasion pour nousengager ä evacuer la ville, suppose tou-tefois que nous eussions fait une demar-che un peu trop irreguliere en entrantsans l’aveu de la multitude, vous fon-dez sur nous au rnepris de tout accord;vous tuez ceux des nötres qui s’offrent avos coups. Et ce n’est pas de quoi nousnous plaignons davantage; on peut direque ceux-lä ont peri suivant les lois dela guerre : mais ceux qui vous tendaientleurs mainssuppliantes, quietaient tom-bes vivans en votre pouvoir, ä qui vousaviez promis de laisser la vie, les avoirlächement egorges, n’est-ce donc pas unexecrable forfait? Apres avoir commistrois crimes ä la fois, infraction des trai-(es, massacre de sang-froid, serment