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Tome premier.
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TJIUCYDIDE

viole (car vous aviez jure d’epargner nosciloyens, si nous respections vos cam-pagnes), c’est nous que vous accusez,1’avoir enfreint les lois, et vous preien-dez ne devoir pas ötre punis! Non, si dumoins les Lacedemoniens jugent avecequite, il n’en sera pas ainsi; vous subi-rez le juste chäliment du ä vos forfails.

Ciiap. 67. « Nous sommes ent resdans ces details, Lacedemoniens, et pourvous, et pour nous-memes: pour vous,afin que vous sacliiez que vous punirezjustement; pour nous, afin de vous de-monlrer que ce sera plus justement en-core que vous nous vcngerez. Ne vouslaissez pas flecliir au Souvenir de leursanciennes vcrtus, si toutefois ils cn eu-rem jamais de reelles. Ce Souvenir par-lerait en faveur de malheureux oppri-mes; maisä des bommes souilles deforfaits, il doit attirer une double puni-tion, puisqu’ilsont trahi de nobles pen-chans. Qu’il leur soit inutile de gemir,de sc lamenter, d’invoqucr ägrandscrisles lombes de vos a'ieux, de deplorerleur delaissement. Entendez aussi lesgemissemens de cetle jeunesse inforlu-nee, qui, egorgee de leurs mains, asubi un traitemenl bien plus affreux ;eile dont les peres, ou sont morts ä Co-ronee, en s’efforgant de faire entrcr laBeotie dans votre alliance, ou se voientlivres, dans leur vicillesse, ä un deplo-rablc abandon. I)u fond de leurs mai-sons, vides de poslerite, ils vous sup-plient, bien plus justement, de lesvenger de ces bommes coupables. Quisouffre injustement inspirc la pitie;mais on voit avec joie des criminels ,tels que ceux-ci, souffrir tous les mauxqu’ils ont meriles. Eux-mömes se sontaltire l’abandon oü ils se voient reduits,puisqu’ils ont repoussd leurs allies na-turels, et que, n’ecoulant d’autre Sen-timent que la haine, ils ont viole leslois ä noue ogard, sans avoir re?u de

, UV. III.

nous la plus legere offense. Jamais ilsnesubirontun chäliment proportionneä leurs aüentats. Leur supplice sera le-gal, puisqu’ils ne vous ont pas lendules mains cn supplians, comnie ils ledisenl, mais qu’ils se sont rcndus paraccord, cl sesonl soumis ä un jugement.Yengez donc, ö Lacedemoniens, celteloi reQue cliez tous lesIlellenes, et qu’ilsont foulte aux pieds. Qu’apres lant demaux injustement soufferts, votre re-connaissance nous accorde aujourd’huile prix de notre devouement. Ne nousrepoussez pas, seduits par leurs dis-cours, Apprenez aux Ilellenes, par ungrand exernjile, que ce ne sont pointles discours que vous jugez, mais lesaclions. Sont-elles bonnes, le plus sim-ple recit doit suffire; criminelles, desdiscours etudies les couvriraient cn vaind’un voile officieux. Si, cn votrequalitede cliefs des Ilellenes, vous etablissezcontre tous les accuses des formes dejugement expedilives, on chercberamoins de bcaux discours pour pallierdes crimes. »

Ciiap. 68. Ainsi parlerent les The-bains. Les juges de Lacedemone crurentdevoir se borner ä demander aux I'la-teens s’ils avaicnl reeu d’eux quelquesServices durant la guerre. Dans les tempsanterieurs, conformeincnt aux conven-tions de Pausanias, apres l’expulsiondes Males, on les avait invitte ä resleren repos; cnsuite, avant de les inveslir,on leur avait propose, suivant le mömetraite, de rcster neutres, et ils n’avaientpoint accepte. Les juges, feignant decroire que, vula justice des propositionsfaites, et cependant rejetees, toute treveetait rompue, ct ne voulant plus voireneux que desennemis declares, lesfirentvenir l’un apres l’aulre, et leur adres-sant cette question : Dans le cours de laguerre, avez-vous rendu des Services auxLaccd.ew.QKms ct aux allies? lis ne pou-